QUELQUES ELEMENTS DE LA CONFERENCE DE ZULMA AMELOOT LE 18 NOVEMBRE 2005 AU GRAIN DE SENEVE 

 

La part des lipides dans notre alimentation à doublé sur l’espace d’un siècle, soit au de là de 40% aujourd’hui.

Le lien avec l’obésité est facile quand on sait qu’il s’agit du nutriment le plus riche : 9,3

kilocalories par gramme. Ils sont d’autre part accusés d’être le véhicule du cholestérol et à l’origine des affections cardio-vasculaires.

Lors de leur digestion ils sont décomposés grâce à des enzymes digestifs. Ils passent dans le système lymphatique et ensuite dans la circulation sanguine. Ils se recombinent ensuite sous forme de -     triglycérides et sont mis en réserve dans les cellules adipeuses en vue d’une utilisation ultérieure (énergétique)

-          lipides complexes dans les membranes de nos cellules à fin de devenir des phospholipides

-          acides gras essentiels ou ils restent dans les membranes des cellules disponibles en vue d’une transformation métabolique future.

 

Il y a 3 familles d’acides gras :

-          les acides gras saturés : incapables d’établir des liaisons chimiques, ils sont très stables et sous forme solides

Surtout présents dans les graisses d’origine animale, leur excès dans notre alimentation contribue à l’explosion des maladies cardio-vasculaires.

Une exception toutefois : les esquimaux qui ne consomment que des graisses d’origine animale et qui ne souffre pratiquement pas de maladies cardio-vasculaires ! Cela s’explique par la présence d’acide éicosapentaénoïque (EPA) et d’acide docosahexaénoïque (DHA) dans les graisses des poissons des mers froides Ces graisses jouent un rôle protecteur par rapport aux maladies cardio-vasculaires. On les trouvent maintenant sous forme de complément alimentaire : huile de saumon riche en EPA et DHA (oméga 3)

-          les acides gras mono-insaturés (acide oléique) capables d’établir une seule liaison au départ d’un seul atome de carbone et de créer ainsi un nouveau corps chimique D’origine végétale, ils sont moins stables et sous forme liquide.

On a compris maintenant que l’acide oléique modifie le rapport entre le « bon » et le « mauvais » cholestérol en faveur du bon. Cela se vérifie dans le bassin méditerranéen ou la population, grande consommatrice d’huile d’olive, connaît un taux de décès par affections cardio-vasculaires largement inférieur à celui des pays d’Europe ou d’Amérique du Nord.  L’huile d’olive, la plus riche en acide gras mono-insaturés, est certainement l’huile qui protège le mieux ses utilisateurs des maladies cardio-vasculaires (2 à 3 cuillères à soupe par jour idéalement). Ceux qui sont dérangé par son goût peuvent utiliser l’huile de colza ou encore l’huile de sésame.   

-          les acides gras poly-insaturés capables d’établir une double liaison ou plusieurs doubles liaisons entre les atomes de carbones. Ils sont dits « essentiels » car nous ne pouvons les synthétiser et sont au nombre de deux : - l’acide linoléique (C18 : 2 w-6) = LA, précurseur de la chaîne oméga 6

La première double liaison démarre toujours sur le 6° carbone, la 2° trois carbones plus loin. La molécule contient 18 atomes de carbones en tout. Elle est capable de se métamorphoser via des enzymes en :

- acide gamma-linolénique : 18 atomes de C et trois DL (C18 : 3 w6) = GLA

- acide arachidonique : 20 atomes de C et quatre double liaisons (C20 : 4 w6) = AA

-          l’acide alpha-linolénique (C18 : 3 w-3) = LNA, précurseur de la chaîne oméga 3

Il s’agit d’un acide gras super insaturé doté de trois doubles liaisons dont la première démarre sur le 3° carbone, la suivante sur le 6°,…

Grâce aux enzymes élonguases et désaturases agissant alternativement, l’acide linolénique va successivement se transformer en :

- acide stéaridonique : 18 atomes de C et quatre double liaisons (C18 : 4 w3) = SDA

- acide eicosapentaénoïque (C20 : 5 w3) = CDA

- acide docosa hexanoénoïque (C22 : 6 w3) = DHA

 

On sait aujourd’hui que les deux acides gras essentiels forment ensembles la vitamines F.

On sait aussi que l’acide linoléique doit être 6 fois plus présent que l’acide linolénique. C’est la proportion idéale que l’on retrouve dans l’huile de noix et l’huile de chanvre (voir tableau). 2 à 3 cuillères à café par jour suffisent pour nous apporter tous les acides gras que nous avons besoins. L’huile de chanvre contient en plus un peu d’acide gama-linolénique. Malheureusement, nos métabolismes sont parfois tellement perturbés que, même si on leur apporte les acides gras essentiels de base, ils ne sont plus capables de synthétiser les autres acides gras essentiels. Les personnes stressées manque souvent d’une enzyme, la désaturase. On peut pallier à cela en consommant une huile riche en acide gama-linolénique tel que l’huile de bourrache (24%) caméline (18%) onagre (9%) et chanvre (2.5%)    

Ces trois familles ont en commun une partie centrale identique dont la formule est la suivante : CH3(CH2)nCOOH

 

La longue et compliquée transformation des oméga 3 et 6

Nous sommes encore loin de connaître toutes les inter-actions qu’ont ces acides gras dans notre organisme. Au fur et à mesure de leur transformation, ils s’enrichissent en double liaisons carbone, deviennent de plus en plus fluides, instables et facilement oxydables. Il faut les conserver au frigo en prenant soin de bien refermer le flacon. C’est pourquoi on retrouve de l’EPA, DHA, huile de bourrache et d’onagre sous forme de capsules.

 

OMEGA 3 = LNA (acide alpha-linolénique) = huile de lin 58%, rose musquée 40%

                                                                            Chanvre 20%, noix 13%, pépins de courges

                                                                            8%, colza 7%, algues marines

                 àdésaturase à SDA (acide stéaridomique) = pépins de cassis 9%

                                            = contrôles biologiques, anti-inflamatoire, anti-agrégant plaquettaire, anti-throbotique

                 à élongase à ETA (acide éicosatétraénoïque)

                 à désaturase à EPA (acide eicosapentaénonique) = poissons gras des mers

                                                                                                           froides, crustacés, algues

                                              = contrôles biologigues : prostaglandines, leucotriènes, tromboxanes

                  --à PGE3 : EPA est le précurseur des  prostaglandine éicosanoïdes de type 3

= anti-inflamatoires

= anti-agrégants plaquettaires

= vaso-dilatateurs

                                     et son en compétition avec les PGE2

                 à élongase à CDA (acide docosapentaénoïque)

                 à désaturase à DHA (acide docosahexaénoïque) = poissons gras des mers

                                                                                                          froides, crustacés, algues

                                              = structure et souplesse des membranes, développement cérébral (mémoire et concentration), développement rétine (facultés visuelle), système nerveux

                                              = effet bénéfique sur le stress, la déprime

                                              = peu présent dans notre alimentation, notre organisme a du mal à le synthétiser d’ou, nécessité d’une complémentation

                                              = DHA peut être reconverti en EPA grâce à un effet de rétro conversion

 

OMEGA 6 = LA (acide linoléique) = huile de carthame 75%, pépins de raisins 71%

                                                            Tournesol 65%, mais 59%, chanvre 58%, onagre 52%,

                                                            Noix 51%, soja et germe de blé 50%, pépins de courges

                                                            49%, sésame 45%, colza 30%, arachide 29%, lin 14%

                  à désaturase + Mg, vit B6, Zn

Si le foie est surchargé, ne fonctionnant pas bien, la transformation ne se fait pas ou difficilement. La delta 6 désaturase est inhibée par le stress, l’alcool, un terrain acide et le sucre. Il lui faut en plus du Magnésium, des vit. B6 et du zinc. On comprend dés lors que, souvent, la chaîne de production est déjà bloquée dés cet endroit.

                                       à GLA (acide gamma-linolénique) = huile de bourrache 24%,

                                                                                                       cassis 18%, onagre 9%

                                               = synthèse et entretien peau (épiderme)

                                               = contrôles biologiques via DGLA,

                                               = confort féminin (syndrome prémenstruel)

                                               = rattrapage par complémentation : huile d’onagre et/ou huile de              bourrache 

                  à élongase à DGLA (acide dihomo-gamma-linolénique) = lait maternel, ris

                                                                                                                        de veau

                                            = contrôles biologiques

                                       --à DGLA est le précurseur d’éicosanoïdes : PGE1: prostaglandines, tromboxanes, leucotriènes du type 1 qui sont les médiateurs de l’inflamation = anti-inflamatoires

                       = vasodilatateurs, anti-trombotiques

                       = anti-agrégantes plaquettaires, fluidifiants sanguin

                       = régulateurs hormonaux chez la femme                 

                  à désaturase à AA (acide arachidonique) = viande, œufs, abats, fruits de mer

                                            = structures des membranes, contrôles biologiques

                                           --à AA est le précurseur des PGE2

                                            = pro-inflamatoires

                                            = vasoconstriteurs

                                            = agrégants plaquettaires

                                            = stimulants immunitaires

Souvent produite en excès à cause de notre alimentation trop riche en viande, œufs, …elles provoquent des inflamations.

                  à élongase à ADA

                  à désaturase à DPA 

 

Oméga 6 et 3 ont une action antagoniste qui permet de réguler la circulation sanguine.

 

Les acides gras peuvent se présenter sous deux formes : « cis » et « trans »

Mais il est de loin préférable de les consommer sous la forme « cis ». Lorsqu’ils sont fabriqués dans de bonnes conditions : première pression à froid sans dépasser 40°C, sans oxydation ni utilisation de solvants ; ils ont la forme « cis ». Les huiles labelisées biologiques sont d’office de première pression à froid et donc « cis » Pour les autres, il faut décoder l’étiquette.

 

Nos cellules préfèrent les « cis »

En effet la forme « Trans » va bloquer les possibilités d’échanges au niveau de la parois de la cellule et bonjour les dégâts à long termes. Il faut savoir que les meilleurs acides gras sous forme « cis », une fois chauffés, se transforme en « trans » et deviennent des poisons pour l’organisme. Outre les graisses détériorées lors de leur fabrication ou de leur utilisation pour la cuisson, on retrouve généralement dans les chips, frites, croquettes, fritures, mayonnaise, margarine, sauces, bonbons, beignets, gâteaux, biscuits, snacks,…des acides gras sous forme « trans »

 

Pour vos cuissons et fritures, choisissez une matière grasse dont le point de fumée est élevé et, dans la mesure du possible,  préférez les cuissons à faible température sans adjonction de matière grasse : vapeur douce, étouffée, four.      

Le beurre avec son point de fumée de seulement 120°C n’est guère recommandable. La graisse de palme (260°C), l’huile d’arachide (220°C) et l’huile d’olive (210°C) résistent bien mieux à la chaleur.

 

Composition indicative des différents acides gras :

N.B. : beaucoup de variations selon les sources.

 

Pour 100%  saturé   mono-insaturé  poly-insaturé :                       Vit. E   Utilisation           Point de

                                   acide oléique      linoléique  gama-  alpha-         (mg)                                 fumée

                                                                                linolénique

                                                              di-insaturé          tri-insaturé

                                    (oméga 9)         (oméga 6)             (oméga 3)

                                                              LA            GLA   LNA

Arachide        20         45                     35               0        0.1              20 à 30 assais., cuis., frit.   220°C                                                                                                                                                            

Carthame      8 à 10    12 à 14             76 à 79       0        0.1              30 à 50 assaisonnement      160°C  

Courge           16 à 20  26 à 30             51 à 56       0        0.2 à 0.3      3 à 4    assaisonnement     140°C

Colza              7 à 8      64                    19                0        8 à 9           30 à 35 assaisonnement     170°C

Noix                9 à 10    17 à 18            58 à 60        0        12 à 13        2 à 3   assaisonement  

Noisette          4            85                    6                  0         5               25 à 43 assaisonnement

Olive (**)       15          76                    7 à 9            0         0.5             10 à 15 assais., cuis., frit. 210°C

Sésame           16           42                   40 à 42        0         1                 4 à 5    assaisonnement     150°C   

Soja (***)      13 à 16   22 à 23            53 à 57        0         8                10 à 32 assaisonnement     150°C

Tournesol      12          22 à 26             62 à 66        0        0.5              55 à 62 assaisonnement     170°C

Chanvre         8             12                    58               2.5     20                            assaisonnement

Lin(****)      11            25                    15               0        49               12         assaisonnement

Germe de blé 15           15                    62               0         8                            assaisonnement

Amande         9              70                   21                0         0               41         complément al.      190°c

Coprah(noix coco)95     5                    0                  0         0

Courge(*****)18.9        35                  46                0         0.1            60         assaisonnement

Maïs               13             30                  57                0         0                                                           170°C

Noisette          8               86                  6                  0         0                            assaisonnement      150°C

Argan

Palme             47              43                 8                  0         2                            cuisson, friture       260°C

Palmiste         83              14                 0.5               0         2.5

Beurre            59              34                 4                  0         3        (*)               tart., cuisson           120°C

Graisse de bœuf  48         50                2                  0         0

Gr. de mouton  55            43                2                  0         0

Graisse de porc 45           50                5                  0          0

Huile de sardine  9          23                20                 0         48

Rose musquée(******)                       40                 0         35                          soin interne et externe

Onagre                                                  70                 9        0.5

Bourrache                                            36                24       0.2

Caméline                                                                   18        35

Germe de mais 13            25                 58                0         <1

Marg. de cuisine 40 à 55  30 à 50         8 à 15          0         0                           tart, cuisson     140 à 180°C

Marg. à tartiner 10 à 50   25 à 50        20 à 30         0         0                           tart.                 130 à 140°C

(*) Le beurre est riche en vitamines A, B1, B2, B3, et E + enzymes pour autant qu’il soit réaliser à base de lait cru et consommer comme tel. Déconseillé pour la cuisson.  

(**) L’appellation « huile d’olive vierge » correspond à un taux d’acidité n‘excédant pas 3.3% alors que l’appellation « extra vierge » est réservé aux huiles d’olive dont le taux d’acidité est inférieur à 1%.

(***) Le soja est très riche en lécithine. Elle contribue à évacuer les substances grasses dans nos vaisseaux, à régulariser le taux de « bon cholestérol » (HDL) et à réduire la concentration de « mauvais cholestérol » (LDL).

(****) L’huile de lin s’oxyde très vite, devient rance et toxique. Il faut impérativement la conserver au frigo. C’est pour cette raison qu’elle est interdite à la vente en France.

(*****) L’huile de courges a deux fonctions thérapeutiques : les problèmes de prostate et vermifuge.

(******) L’huile de rose musquée du Chili est très riche en vitamine F. Elle s’utilise en forme de cure interne et externe et opère un véritable rajeunissement cutané et cellulaire. Elle est également cicatrisante.