
Prix
: 20€ à verser sur le compte 068-2463803-30 du
Grain de Sénevé en mentionant la date et un N° de
tél. ou de gsm
ATELIER BOULANGERIE
Animation :
Jean-Claude Beguin Tél. 071/459150
Dernières
mises à jour : 02/12/2009
I)HISTORIQUE
Les peuplades primitives qui cultivaient des céréales,
les absorbaient crues. Quand les hommes ont su
domestiquer le feu, ils en firent une pâte grossière et
la versèrent sur une pierre préalablement chauffée. C’est
ainsi que les Egyptiens cuisaient une sorte de galette
(pain azyme sans levure ni levain) vers 4000 avant
Jésus Christ.
Ces mêmes Egyptiens construisirent des fours dans l’argile.
Plus tard, ces fours seront assemblés avec des briques.
Au 8° Siècle avant J-C, un artisan dota ces fours d’une
porte.
Lorsque Rome étendit ses conquêtes (300 ans avant
Jésus Christ), les peuplades de bergers qui habitaient
ces contrées ne mangeaient encore qu’une
« bouillie » faite d’orge et de millet.
Le mélange obtenu s’appelait d’abord
« far » puis « farina » Lorsque
les meules se perfectionnèrent et produisirent un
meilleur écrasement des grains, la farine était née.
Au cours du Moyen-Age, le métier de boulanger (l’homme
qui fait des boules) s’organise véritablement ainsi
que l’usage du levain.
Au XVIIIème siècle, le pain symbolisait le sacré, l’espoir,
la justice, la stabilité. Sa pénurie était synonyme de
famine et de révolte. Juste avant 1789, en raison de
très mauvaises récoltes, le prix du pain flambe. Les
boulangeries sont pillées, c’est le début de l’insurrection.
Quelques années plus tard, une fois la paix revenue et
la république instituée, le pain blanc arrive sur les
tables pour tous, riches et pauvres, le pain de l’Egalité.
Cela ne durera guère de temps, les révolutionnaires
seront vite confrontés aux mêmes problèmes d’approvisionnements.
Le pain blanc de l’Egalité devient vite gris et on
doit faire la file la nuit devant les boulangeries si on
veut avoir une chance de se le procurer.
Ce n’est qu’avec la découverte de la levure
industrielle et du pétrin mécanique vers la fin du
XIXème siècle que le métier de boulanger évolua
sensiblement.
Le four de type Gréco-Romain fût utilisé tel quel
jusqu’au début du XXème siècle. Le premier
perfectionnement consista à séparer la chambre de
combustion de la chambre de cuisson et de les relier par
un coude, un « gueulard » par lequel les
flammes sortaient. La voûte de la chambre de cuisson
était elle-même percée d’une cheminée afin d’évacuer
les gaz de combustions du bois. Le rendement de ces fours
était nettement amélioré et les opérations de
nettoyage réduites.
Le moulin à meule de pierre a commencé à être
supplanté à partir des années 1850 par les moulins à
cylindres (le premier fut conçu par le Zurichois Müller
en 1830) qui permettaient d’obtenir des farines
beaucoup plus blanches. Le pain blanc, considéré comme
un luxe, supplantas progressivement le pain gris.
Vers 1850, 35% des revenus d’une famille ouvrière
moyenne étaient consacré à l’achat de pain (noir
au seigle) Le pain blanc à base de froment coûtait deux
fois plus cher. Seul, la bourgeoisie pouvait se l’offrir.
Les rendements de l’agriculture s’améliorant
et les recherches de Mendel sur la génétique permettent
vers 1900 la mise au point de blés hybrides beaucoup
plus résistants. Le froment coûte alors moins cher que
le seigle. Le pain de seigle disparaît des étals pour
revenir à la mode un siècle plus tard.
Pendant la première guerre mondiale, l’Europe
survécut grâce à l’importation de blé
américain. Lors de la seconde, les nazis ayant fait main
basse sur les stocks de blé, il fallut se contenter de
pains grisâtres au goût de papier mâché. Ces pains
étaient réalisés à base de farine complète de blé
mélangée à des farines de fèves, mais, orge, pomme de
terre, riz…
Les américains, au travers de leur aide
humanitaire, nous ferons découvrir et adopter leur pain
encore plus blanc et alvéolé que ce que nous
consommions entre les deux guerres.
Durant les années folles, en 1920, la première baguette
fait son apparition en France. Elle fera le tour du
monde.
Après la seconde guerre mondiale, grâce à la mise au
point d’adjuvants de plus en plus performants et de
farines de plus en plus raffinées, il est difficile de
déterminer qui, du client ou du boulanger, ont poussé
à la création de ce bout d’éponge cuite que
l’on ose encore appeler du pain!
Et ce pain qui ne nourrit plus voit sa consommation
diminuer sans cesse : de 140 kg en 1945, le belge
moyen en consomme de moins en moins : 80 kg en 1970,
environ 53 aujourd’hui !
Quel avenir pour l’artisan boulanger ?
S’il reste
encore de nombreuses boulangeries pâtisseries dans nos
villes et villages, ce sont généralement des dépôts
de boulangeries industrielles et/ou des réchauffeurs de
pâtons surgelés. Derkenne-Couline à Barchon avec ses
400 travailleurs produit à lui seul la moitié des pains
vendus en Wallonie ! La plus-part des boulangers qui
font encore leur pain eux-même travaillent avec des mix
de farines élaborées par les meuneries ce qui contribue
à uniformiser le goût du pain. Ils ont recours à des
adjuvants élaborés par des chimistes. On est loin du
boulanger qui employait tout son art pour s’adapter
à la farine que lui fournissait le meunier local. Une
farine dont les qualités boulangères variaient d’une
récolte à l’autre, d’une variété de
blé à l’autre.
Il est vrai que les
artisans boulangers doivent faire face à de nombreux
écueils : accès à la profession, normes d’hygiène,
pénurie de main d’œuvre, désaffection de la
clientèle pour le pain, concurrence des grandes
surfaces, horaires…
En Belgique, entre
1998 et 2005, le nombre d’artisans
boulangers-pâtissiers a diminué de 24%. Il est passé
de 6592 à 5339. Huit artisans sur 10 disposent d’un
seul point de vente, un sur 10 deux points de vente et un
sur dix de plus de 2 points de vente. (Source C.R.I.O.C.)
II)SECURITE
A part se prendre les doigts dans le pétrin en action ou
se brûler en sortant les pains du four; il n’y a
guère de risque à faire du pain. Certaines personnes
sont ou se découvrent allergiques à la farine.
Attention au dos lorsque l’on manipule de trop gros
volume de pâte.
III)
HYGIENE
La propreté est de rigueur car la chaleur et l’humidité
favorisent le développement des moisissures et la
prolifération des insectes. (chenille du papillon des
farines, vers)
D’autre part, il faut insister sur le fait que la
pâte à pain n’est pas totalement stérilisée par
la cuisson. En effet, la température intérieure ne
dépasse pas 100°C et certains micro-organismes
résistent à des chaleurs importantes.
C’est le cas de deux bacilles : le bacille
mésentéricus et le bacille subtilis, heureusement très
rares, responsables de la maladie du pain filant (on
parle aussi dans ce cas de fermentation viqueuse). S’ils
ne sont pas toxiques, ils rendent le pain
immangeable : 10 à 12 heures après la cuisson, le
centre de la mie devient collant, gras, visqueux. L’odeur
devient nauséabonde. Ces bacilles se reproduisant le
plus entre 32-42°C, c’est surtout en été que ce
phénomène peut s’observer.
Pour y remédier,
- il faut refroidir les pains et les conserver dans un
endroit ou la température n’excède pas 20-25°C
- ajouter du vinaigre dans la pâte (ces bacilles ne
savent pas se développer dans un milieu acide tel que la
pâte au levain)
- désinfecter le matériel et plan de travail avec de l’eau
de Javel.
IV)
LES CEREALES PANIFIABLES
A) Le blé tendre
Récolté dans un
excellent état de sécheresse, il se conserve
indéfiniment. On en a même retrouvé dans des
sarcophages Egyptiens. On l’a replanté et il a
donné un splendide épi (le kamut) qui fait partie
de la famille des blés durs.
B) L’épeautre,
une très ancienne variété de blé
Sa culture nécessite
des sols moins riches mais les rendements sont plus
faibles. Avant de le moudre, il faut au préalable le
décortiquer. D’un coût plus élevé que le blé,
il lève plus difficilement car il contient moins de
gluten. Il est plus léger, moins calorique, plus riche
en sels minéraux et plus digeste surtout pour ceux et
celles qui supportent mal le gluten.
C) Le
seigle
Cette céréale
résiste mieux au froid et demande des sols moins riches
que le blé. Ne contenant que peu de gluten et de
mauvaise qualité boulangère, elle est difficilement
panifiable et peu agréable à travailler.
D) Le blé dur
Il ne se cultive
que sous les climats de type méditerranéen. L’entièreté
du grain est dur, contrairement au blé tendre qui est
composé de plusieurs écorces dures et d’une amande
farineuse. Il est broyé dans des semouleries pour donner
des fins grains de semoule (couscous), boulgour (semoule
précuite) Si on accentue le broyage, on obtiendra une
farine de semoule jaune qui servira essentiellement à la
fabrication de pâtes (100gr de farine de semoule pour un
œuf) et accessoirement à la fabrication de pains.
(pains ronds et plats de type marocain généralement
composé d’un mélange de farine de blés tendres et
durs) Tout comme le blé tendre, le blé dur contient du
gluten ce qui le rend panifiable.
V)
LES CEREALES NON PANIFIABLES
Les farines d’avoine
et orge contiennent également du gluten, mais de
mauvaise qualité pour la panification. Il n’est ni
élastique ni extensible. Ces céréales ne sont
utilisées qu’en compléments du blé ou de l’épeautre.
Des farines de riz, sarrasin, maïs peuvent également
être ajoutée.
Les graines
oléagineuses de tournesol, de sésame, pavot, lin,
quinoa ainsi que les noix et noisettes broyées sont
également ajoutées à la farine de blé ou d’épeautre
selon les aspirations des consommateurs.
VI)
DU GRAIN DE BLE A LA FARINE
Le blé est récolté
lorsqu’il est arrivé à maturité et le plus sec
possible. Au besoin, on le séchera avant de le stocker
en silos, eux-mêmes ventilés en permanence afin d’éviter
de désagréables surprises.
Le grain de forme ovale comme un œuf possède à l’une
de ses extrémités des poils (les poils de la brosse) et
à l’autre le germe.
Le germe de blé (1,4 % du poids de la graine) est un
trésor de vitamines (B1, B2, B6, B9 et surtout E) et de
sels minéraux. Il contient également 12,5 % de
matière grasse. Cette matière grasse a tendance
à rancir surtout en été. C’est pour cette raison
que le germe est presque toujours éliminé de la farine.
De plus les meuniers ont l’opportunité de revendre
le germe seul à un prix beaucoup plus élevé. On les
retrouve sous forme de compléments alimentaires, huile,
nourriture pour pigeons de concours ou chevaux de course.
Le reste est constitué du péricarpe (= les 3 enveloppes
extérieures et les 3 autres membranes protégeant le
fruit).
L’ensemble de ces membranes constitue les sons et
issues (12 à 15 %) du grain et ne contiennent quasiment
pas de farine.
Dans la farine complète, on garde toutes ces enveloppes
sauf la dernière qui est vraiment trop dure. Dans la
farine bise, on n’en garde qu’une partie. La
farine blanche n’en contient plus.
Enfin, l’amande farineuse (82 à 84 % du grain) où
se trouve les deux plus importants constituants de la
farine : le gluten (protéine) et l’amidon
(glucide).
En meunerie moderne, les constituants
du grain sont séparés et ensuite mélangés entre eux
selon le type de farine désirée.
Les farines (le plus souvent non bio) sont presque
toujours additionnées d’acide ascorbique ou
vitamine C (E 300) Cet anti-oxydant a la particularité
de resserrer le gluten ce qui permet de réduire la
durée du pointage et le…goût. Plus un pain est
fabriqué rapidement, moins la pâte a le temps de s’acidifier,…moins
il a de goût !
Il semblerait que ces mêmes meuniers ajoutent également
de l’acide lactique (E 270) ou ses dérivés sous
forme de sels de sodium, potassium ou calcium (E325,
E326, E327) et/ou de l’acide acétique ou vinaigre
(E 260) ou ses dérivés (E261, E262, E 263) pour
empêcher la formation de pain filant, voir plus loin.
Les rares meuniers qui disposent de meules en pierre
pratiquent tout autrement. Dans leur mouture, ils broient
l’entièreté du grain, germe compris. Ils ont alors
une farine complète de première qualité qu’ils
vont ensuite bluter (= tamiser) selon la qualité
désirée (grise ou blanche) Le précieux germe quant à
lui reste présent.
La farine « blanche » obtenue par blutage
après le broyage sous les meules en pierre n’est
jamais totalement blanche. Il reste toujours des
particules des enveloppes du grain ce qui donnera un
petit apport de sels minéraux.
La farine blanche obtenue au moyen de moulins à
cylindres est dépourvue de sels minéraux. Les cylindres
très majoritairement utilisés en meunerie moderne vont
« éplucher » avec une très grande
précision le grain et enlever une à une ses enveloppes
et son germe.
Si on utilise de la farine complète, il est impératif d’utiliser
une farine produite selon le mode de l’agriculture
biologique à fin d’éviter les pesticides qui se
concentrent dans le son (= les 6 enveloppes de l’amande
farineuse)
Enfin, chaque enveloppe contient les enzymes qui vont
permettre de digérer la suivante ce qui sera surtout le
cas lors d’une lactofermentation au levain.
VII) LES CONSTITUANTS DE LA FARINE
-
60 à 72 % de glucides = l’amidon
L’amidon ne se
dissout pas dans l’eau. Par contre, chauffé
à une température située entre 55 et 70 C°, les
granules d’amidon éclatent et s’agglutinent.
On dit qu’ils forment un emplois.
-
8 à 14 % de protides = le gluten
Ce sont deux
matières : la gliadine et la gluténine qui,
associées à l’eau, forment le gluten, une sorte d’éponge
très élastique et très absorbante. Un gramme de
gluten absorbe trois grammes d’eau. Lors de la
fabrication du pain, le gluten constituera un tissu
élastique chargé de maintenir l’eau et l’amidon
ensembles et de retenir les gaz produits par la
fermentation. Même s’il est possible de réaliser
du pain avec une farine ne contenant que 8 % de gluten,
il vaut mieux dans ce cas la mélanger avec une autre
plus riche en gluten ou rajouter du gluten pur.
-
Maximum (légal) 15,5 % d’eau (au-delà, il y aurait
de sérieux problèmes de conservation)
-
1 à 2 % de sucres (glucides)
Leur pourcentage est
faible dans la composition de la farine, mais leur rôle
est très important au moment de la fermentation de la
pâte
-
1 à 1,4 % de matière grasse (lipide)
Ces dernières
proviennent de résidus d’enveloppe et de germe
contenu dans la farine. L’amande elle-même, n’en
contient que très peu.
-
0,5 à 1,5 % de cendres selon le type de farine (= les
matières minérales qui restent si l’on brûle la
farine)
Farine
complète : 100 % d’extraction du grain
ou type 150 (France) >
1,40 % de cendres
(Belgique)
Farine bise :
85 % (15% de son et remoulage) ou type 110
> 1 à 1,2 % de cendres
75 % (25%
) ou type 80
> 0,75 à 0,80 % de cendres ou 750
(00)
Farine blanche :
65 % (35%
) ou type 65
> 0,82 à 0,75 % de cendres ou 680
(000)
55 % (45%
) ou type 55
> 0,50 à 0,60 % de cendres ou 560
(extra)
45 % (55%
) ou type 45
< 0,50 de cendres
ou 450 (gruau)
+ vitamines B, PP et
E
N.B. : la farine
100% est en fait une 96% car on retire de toute façon le
gros son qui est immangeable.
N.B. : farine de
gruau = farine très blanche (type 45) dont la valeur
boulangère est très supérieure à celle de la farine
ordinaire par sa haute teneur en gluten.
N.B. : Les
farines de type 45 et 55 ne peuvent être obtenues qu’au
moyen de moulins équipés de cylindres.
N.B. : Chaque
pays à son système pour classer les farines. En
Belgique, les farines à usage professionnel doivent
porter le pourcentage en protéines calculées sur la
matière sèche : 10, 11, 11,5, 12, 13 ainsi que le
pourcentage de cendres 0,560, 0,680 et 0,750. EX :
11/680.
Les farines
destinées aux consommateurs sont classées en 3
catégories :
-
farine de froment : minimum 10,5 % de gluten et
maximum 0,750 % de cendres
-
farine pour pâtisserie : minimum 10 % de gluten et
maximum 0,680 % de cendres
-
farine pour pain : minimum 11,5 % de gluten et
maximum 0,750 % de cendres
Un froment est
rarement parfait. Le meunier les associera de manière
que les qualités et défauts de l’un soient
compensés par les qualités et défauts d’un autre.
Il obtiendra ainsi une farine dont les propriétés
boulangères restent le plus constantes possible ce qui
facilitera le travail du boulanger.
VIII) L’EAU
0,55 à 0,6 l d’eau
potable sont nécessaire pour hydrater un kg de matière
sèche (farine + levure + sel +…)
Cette quantité varie
en fonction du taux d’absorption de la farine
(lui-même lié au taux d’humidité de la farine)
Il est à noter que l’amidon
de la farine absorbe 1/3 de son poids en eau alors que le
gluten absorbe 3 fois son poids en eau.
L’eau hydrate la
farine, rassemble, colle et fait gonfler les grains d’amidon
et donne de l’élasticité au gluten.
Elle crée l’humidité
nécessaire au réveil des enzymes (diastases) contenues
dans la levure.
Enfin, elle rend la
pâte imperméable au gaz résultant de la fermentation.
TEMPERATURE DE L’EAU DE COULAGE
Pour que la levure
agisse de façon optimale, la pâte doit avoir une
température de 25°C.
Comme on sait
difficilement refroidir ou réchauffer la farine et l’air
ambiant, on agit sur la température de l’eau de
coulage. La somme des trois devrait atteindre 75 °
C mais il faut tenir compte de l’élévation de la
température due à l’action du pétrin. La
température de base sera plutôt de 68°C.
Exemple : t° de
l’air
26°C
t° de la farine 25°C
Total
51°C
Température de base
68°C
La température
idéale de l’eau sera de 68 – (26 + 25) = 17°C
Lors de la cuisson, l’eau
va assurer le transfert thermique dans la pâte. De par l’évaporation
successive de l’eau dans la pâte, le front chaud se
déplace de la surface vers le centre de la pâte, jusqu’à
ce que le pain soit cuit.
IX) LA LEVURE
Les régions à
tradition brassicole utilisaient la levure de bière pour
fabriquer du pain mais cette levure se conservait
difficilement. Dans les régions à tradition vinicole
où il n’y avait pas de levure disponible en
permanence, les boulangers effectuaient une panification
sur levain.
Ce sont les viennois
vers 1847 qui ont été les premiers à fabriquer une
levure adaptée à la boulangerie et à répandre son
usage (suite au succès du pain viennois) Quelques
années plus tard, en 1856, Louis Pasteur (1822-1895)
donnait l’explication scientifique de ce
phénomène.
-
10 à 30 gr par kg de farine (ou 3 à 9 gr de levure
sèche). 40 gr de levure fraîche équivalent à environ
11 gr de levure sèche. La levure sèche nécessite un
délais d’environ 15 minutes (réhydratation) avant
d’agir.
-
= de minuscules champignons unicellulaires de 6 à 8
millièmes de millimètres de diamètre (10 milliards par
gramme de levure) de la famille saccharomycès
cérévisae.
-
à base de mélasse (résidus de sucrerie) auxquels on
ajoute des sels azotés, de l’acide phosphorique
médicinal, des vitamines et des sels minéraux.
-
dés que les conditions sont réunies :
température, eau, air, sucre + un peu d’azote,
vitamines, sels minéraux ; elle se multiplie par
division cellulaire (reproduction asexuée) Un cycle dure
au minimum 90 minutes. Une cellule mère peut engendrer
17 millions de cellules en 72 heures.
-
conservée idéalement à 4 °C dans une ambiance sèche,
la levure fraîche reste pleinement active pendant 4
semaines
-
il est recommandé de la sortir du réfrigérateur
quelques heures avant son utilisation et de la diluer
dans un peu d’eau tiède (25°C)
-
l’incorporer au début du pétrissage
-
refroidie à 3°C, elle est inhibée. Elle est tuée à 45°C
-
apport de vitamines essentiellement du groupe B
-
l’industrie boulangère utilise également des
levures liquides qui se répartissent mieux dans la
pâte, des levures spécifiques pour les préparations
sucrées ou devant subir une congélation…
L
Les anglais, vers
1850, ont mis au point une méthode pour insuffler
directement du gaz carbonique dans la pâte. Cela permet
de ne plus utiliser la levure et de se passer des étapes
de pointage et d’apprêt. Le pain est prêt à
enfourner en un temps record. Malheureusement, il n’y
a que les anglais qui sont capable d’ingurgiter un
tel pain exempt de goût.
Plus la durée de
fermentation est longue, plus le pain aura du
goût.
X) LE SEL
-
maximum autorisé en Belgique, 20g par kg de
matières sèches = farine (A.R. du 02/09/1985) Dans la
pratique, compter 17g par kg de farine. En effet, la
farine contient environ 15 % d’eau. Un kilo de
farine équivaut à 850g de matières sèches.
-
il ne fait pas bon ménage avec la levure, certains l’incorporent
5 à 10 minutes après le début du pétrissage
-
augmente le goût et la saveur du pain
-
il améliore l’élasticité du gluten ce qui donne
une meilleure maniabilité de la pâte.
-
Il favorise la coloration de la croûte.
-
permet au pain de conserver plus longtemps l’humidité
qu‘il contient et de rester savoureux pendant
plusieurs jours.
-
régularise la fermentation en la ralentissant
-
utiliser de préférence du sel marin riche en
oligo-éléments, magnésium et iode.
XI) ETUDE DE LA FERMENTATION
Le grain de blé
contient des levures sauvages. Le simple fait de
mélanger l’eau et de la farine et de la laisser
plusieurs jours dans un endroit tiède couvert d’un
linge, suffit pour fabriquer une base de levain.
En effet, les levures
sauvages sont partout : dans la farine, dans l’air
ambiant… Elles vont transformer les 1à 2 % de
sucres contenus dans la farine en gaz carbonique
accompagné d’alcool et d’acides.
La pâte gonfle sous
l’effet du gaz carbonique qui ne peut s’échapper
et elle dégage un goût aigre dû à l’alcool et à
l’acidité.
La levure et/ou le
levain ajouté vont avoir besoin de beaucoup plus de
sucre que les 1 à 2 % contenu dans la farine. Grâce aux
enzymes contenues dans la farine (amylases) et au
pétrissage, l’amidon va progressivement être
transformé en sucre (maltose) La levure va
transformer le maltose en gaz carbonique et en alcool.
Pendant la première
phase de la fermentation, appelée pointage, la pâte
devient moins souple, prend de la ténacité. Durant
cette période, la levure produit surtout de l’alcool
accompagné d’acides. Ce sont des acides qui se
fixent sur le gluten et le rende tenace. Cette ténacité
a pour conséquence de le resserrer et de le rendre
encore plus imperméable au gaz carbonique.
La pâte est
repétrie brièvement et façonnée en pâtons à fin d’éliminer
le dioxyde de carbone et l’alcool formé, car si
ceux-ci sont trop abondants, ils inhibent la levure.
Durant la 2ème
étape de la fermentation (l’apprêt), le pâton
prend du volume sous l’action du gaz carbonique
produit alors en grande quantité par la levure (qui n’est
plus gênée par ses déchets : alcool et gaz
carbonique et qui a retrouver de quoi se nourrir)
Au cours de la
cuisson, le gluten se coagule sous l’effet de la
chaleur alors que les granules d’amidon forment un
emploi en éclatant.
Le gaz carbonique
produit par l’action de la levure au cours de l’apprêt
et ensuite dans les premières minutes de la cuisson (la
levure est tuée à 45°C) reste emprisonné, se dilate
à l’intérieur du pâton et forme les futures
alvéoles du pain avant de s’échapper. L’alcool
résiduel s’évapore pendant la cuisson.
Une certaine
confusion règne dans la dénomination « pain au
levain » En effet, certains boulangers font du pain
à base d’un levain de levure, c’est à dire de
la levure en faible quantité mélangée à de la farine
et de l’eau et gardée pendant plusieurs heures
(voir plusieurs jours en la rafraîchissant comme du
levain) avant d’être incorporée à la pâte. Pour
peu que l’on augmente encore l’acidité en
ajoutant du vinaigre, il est quasi impossible de faire la
différence avec du vrai pain au levain.
XII) FERMENTATION
SUR POOLISH
Ce mode de
panification puise ses origines en Pologne et fut
répandue par les boulangers viennois. Son utilisation
fut généralisée entre 1840 et 1920. Aujourd’hui,
complètement tombée dans l’oubli, cette méthode a
pour principal avantage de donner plus de saveur au pain
et d’augmenter sa durée de conservation, ce dont
nos pains industriels manque cruellement.
La poolish est une
pâte liquide, une sorte de bouillie, faite de levure
préalablement diluée dans de l’eau et ensuite
mélangée à la même proportion de farine. (Mélanger
le tout pendant 3 à 4 minutes)
Cette pâte liquide
se fabrique dans un délai de 2 à 8 heures précédant
le pétrissage :
Pour une durée de 2
heures, on ajoute 20 gr de levure à 1 litre d’eau
mélangée à 1 kg de farine.
4 heures
15 gr
6 heures
8 gr
8 heures
5 gr
Sous l’action de
la levure, la poolish gonfle jusqu’au moment où le
gluten ne peut plus retenir les gaz de fermentation. Cet
instant est visible car la pâte s’affaisse. C’est
à ce moment que la poolish est à point et que l’on
peut l’incorporer aux autres ingrédients afin de
débuter le pétrissage.
Exemple pour une
recette de base de 1 kg de farine, 0,6 litre d’eau,
15 gr de levure et 20 gr de sel en optant pour une
poolish de 6 heures :
Prélever 4 gr de
levure, 500 gr de farine et 0,5 litre d’eau.
Délayer la levure dans l’eau, incorporer la farine
et mélanger pendant 3 à 4 minutes. Laisser agir +/- 6
heures. Lorsque la poolish commence à retomber, l’incorporer
au reste des ingrédients (500 gr de farine, 0,1 litre d’eau,
11 gr de levure et 20 gr de sel) et pétrir. La suite des
opérations se déroule de façon tout à fait classique.
Notez que l’on
peut réaliser des pains avec plus de goût, se
conservant mieux et qui risquent moins de s’affaisser
lors de l’enfournement en : utilisant moins de
levure, en ajoutant un peu de levain si on en a à
disposition et en laissant le pain lever plus longtemps.
XIII) PRODUIRE SON PROPRE LEVAIN
Le levain de départ,
cette variante non domestiquée de la levure, sera
fabriqué en mélangeant un peu de farine bise (ou un
mélange de farine blanche et complète) de préférence
fraîchement moulue avec un peu d’eau tiède jusqu’à
ce qu’on obtienne la consistance d’une pâte à
crêpes. La laisser 72 heures à température ambiante
constante de 25°C. Rajouter ensuite de l’eau tiède
et de la farine pour obtenir une pâte plus épaisse. Le
levain est prêt 12 heures plus tard.
On l’incorpore
en entier au mélange eau farine et sel. (50 à 150 gr de
levain par kg de farine environ) Après la première
levée ou pointage, on récupère une petite partie de la
pâte que l’on place au réfrigérateur, voir même
au congélateur, en vue d’une prochaine utilisation.
(=levain chef)
Douze heures avant de
refaire du pain, on le sort et on le laisse prendre la
température ambiante. On le rafraîchit ensuite en y
incorporant un peu d’eau tiède avec un peu de
farine blanche et complète. Bien mélanger. Cinq à six
heures plus tard, rafraîchir le levain en procédant de
la même manière mais en augmentant un peu les
quantités. Le pain au levain levant moins vite que le
pain à la levure, il s’écoulera facilement 24h
entre la sortie du levain du frigo et la fin de la
cuisson du pain !
Il n’y a pas de
règle précise sur la quantité de levain chef à
apporter à la pâte. Plus celui-ci serra bien rafraîchi
(et par conséquent actif) et, plus la quantité ajoutée
à la pâte serra importante, plus cette dernière
lèvera rapidement (mais jamais aussi vite qu’une
pâte à la levure)
Le levain est le
résultat d’une longue lacto-fermentation, ce qui
lui donne ce goût suret si caractéristique.
Y ajouter un peu de
sucre ou de miel risquerait de transformer cette longue
fermentation lactique en fermentation alcoolique.
Une attention
particulière concernant l’eau utilisée pour le
levain chef : un échec peut parfois être dû à la
qualité de l’eau « potable » de
distribution notamment quand celle-ci contient trop de
chlore ou de nitrates.
XIV) LES ADJUVANTS OU AMELIORANTS
C’est notamment
ici que l’on remarque le plus de différence entre
les pains bio et conventionnels.
Si en bio, il est
permis d’ajouter des produits simples (d’origine
bio évidement) tel que du sucre, des graisses, du
gluten, du vinaigre (acide citrique), lécithine de soja
(émulsifiant), lait, fécules, flocons… ; en
conventionnel, l’industrie a mis au point des
adjuvants très performants. Même le plus distrait des
boulangers réussira toujours à faire du pain. Trop ou
pas assez pétris ou levés, les pains ne retombent pas
ou ne se déchirent pas à la cuisson. Ils sont au
contraire extraordinairement levé et léger au point que
le consommateur à l’impression de manger une sorte
de plastique insipide et inconsistant.
Les premiers
améliorants composés sont apparus vers 1930. Ils
étaient constitués essentiellement de matières grasses
et de sucre et d’un émulsifiant pour lier la
graisse et le sucre sans quoi, ces deux ingrédients ne
se mélangent pas.
Les adjuvants
industriels sont incorporés dans une proportion qui
varie entre 0,5 et 10 % du poids de la farine selon les
cas et ils se composent de :
-
gluten
-
d’enzymes supplémentaires (protéase) à celles
déjà contenue naturellement dans la farine et la levure
dans le but d’obtenir un développement plus grand
dans le four et obtenir plus de souplesse (effet
plastique souple) Ces protéases renforcent le gluten ce
qui est absolument nécessaire lorsque l’on fait
subir un grand stress à la pâte suite à une
congélation/décongélation
-
différents sucres afin de nourrir la levure pendant
toute la fermentation et colorer la croûte du pain
(poudre de malt)
-
de composants lactiques secs (poudre de lait) et des
farines de soja dans le but d’augmenter la blancheur
de la mie et d’améliorer la couleur de la croûte
(réaction de «Maillard» entre des sucres et les acides
aminés des protéines de lait ou de soja)
-
d’ « oxydoréducteurs » tel l’acide
ascorbique (vitamine C, E300) qui relie les molécules
protéiques détachées ce qui donne une pâte plus
solide, plus souple, une durée de panification réduite
et un pain plus volumineux au final. Même si l’acide
ascorbique n’est plus présent après cuisson, il à
pour effet néfaste d’oxyder l’amidon qui
devient moins digeste et, en raccourcissant la durée de
panification, on réduit la prédigestion et en fin de
compte on réduit la biodisponibilité du nutriment.
-
matières grasses : anciennement, on utilisait
principalement du saindoux. Actuellement, ce sont plutôt
des mélanges de matières grasses animales et
végétales qui gardent comme caractéristiques communes
un faible coût !
-
d’émulsifiants tel que la lécithine de soja (E
322) dont l’effet est relativement faible et, plus
souvent :
- le glycérolmonostéarate ou GMS (E
471) qui, mélangé à de la matière grasse donne une
mie plus tendre et une souplesse plus durable.
- l’ester diacétylé d’acide
tartrique de monoglycérides ou DATEM (E 472e)
qui à surtout un effet croustillant.
Les
émulsifiants permettent aux graisses de bien se
répartir dans la pâte.
-
le lactylate de sodium stéaroyle ou SSL (E 481) qui s’utilise
pour la fine boulangerie pour l’élaboration de
pâtes levées à croûte tendre.
-
Des colorants qui vont faire croire au consommateur qu’il
mange du pain gris alors que ce n’est que du pur
blanc. Bon appétit.
N.B. E100 à E199 =
colorants, E200 à E299 = conservateurs, E300 à E399 =
antioxydants, E400 à E499 = émulsifiants et
épaississants
XV) LE MATERIEL
-
un pétrin
Une simple bassine
ronde peut suffire.
Il existe trois
familles de pétrins électriques : - les batteurs
mélangeurs (Ex. : Kenwood Major)
Ces appareils
permettent de travailler de petites quantités de pâte
et ils sont polyvalents. Ils peuvent par exemple battre
des blancs en neige,…
- les pétrins classiques à axe obliques type diosna
(EX. Santos)
Muni d’une cuve
semi-cylindrique en métal, elle est le plus souvent
libre de son axe (cuve folle) C’est l’action du
bras pétrisseur dans la pâte qui la fait tourner. Ce
bras en forme de fourche plonge obliquement dans la pâte
a fin de lui imprimer un mouvement de vis très efficace
pour travailler le gluten et y incorporer de l’air.
- les pétrins de type Artofex à 2 bras articulés.
-
des moules métalliques ronds ou rectangulaires
Il existe aussi des
catoirs, ce sont des moules en osier dans lesquels les
pains lèvent. Les pâtons sont ensuite retournés
directement sur une plaque ou un tapis avant d’êtres
enfournés.
-
un four
Jusque la moitié du
20°S, la plus-part des fours étaient à chauffage direct,
c’est à dire que les flammes du foyer avaient
accès à la chambre de cuisson au moyen d’un coude
en fonte nommé « gueulard » Dans les fours
plus anciens, on brûlait le bois à même la sole. Les
cendres étaient ensuite retirées ou poussées dans un
coin. Ces fours sont encore utilisés aujourd’hui
pour la cuisson des pizzas au feu de bois. Dans les 2
cas, la chambre de cuisson est percée d’une
cheminée. Ces fours mettent généralement beaucoup de
temps à atteindre la température désirée qu’il
garde ensuite plus ou moins longtemps selon l’importance
de leurs parois. Ce système a été abandonné car des
résidus de fumée toxiques risquaient de se retrouver
dans le pain en cas de combustion de bois traités ou de
fuel incomplètement brûlé. De plus le réglage de la
température est impossible.
Les fours actuels
sont donc à chauffage indirect, la source de
chaleur étant extérieure à la chambre de cuisson. La
source de chaleur est dirigée vers la chambre de
cuisson : radiation du courant électrique, air
chaud, vapeur. Ces fours ont l’avantage d’être
beaucoup moins massif, de permettre une cuisson continue
et de moduler la température.
Plusieurs
combustibles : bois, mazout, gaz ou électricité
Certains sont
munis d’un ventilateur (chaleur tournante), d’un
générateur de vapeur, d’une programmation,…
Dans votre cuisinière de ménage, prévoyez un
récipient métallique afin d’y recevoir de l’eau
et de créer de la vapeur.
N.B. : Pour que
le pain cuit au feu de bois ait un goût de fumet de
bois, il faut que les fumées liées à la combustion
soient en contact direct avec le pain.
A l’exception de l’énergie électrique
produite au moyen d’énergie renouvelable, le bois
issu de forêts bien gérées est la seule source d’énergie
qui ne génère pas de CO2 ou de déchets radioactifs
(énergie nucléaire)
-
des clefs ou des étagères pour que vos pains
puissent refroidir
-
les boulangers disposeront encore de balances,
laminoirs, diviseuses, bouleuses, armoires de pousse
contrôlée, congélateurs,…
XVI) MELANGE ET PETRISSAGE
Mélanger (= frasage)
l’eau, la farine, la levure ou le levain (il est
plus facile d’ajouter la farine à l’eau
que le contraire) et pétrir 10 minutes. 5 minutes avant
la fin du pétrissage, incorporer le sel.
Recette de base
pour 2 pains d’environ 700 gr : 1 kg de farine,
6 dl d’eau, 20 gr de levure fraîche et 17 gr de
sel.
L’objectif du
pétrissage est d’obtenir une répartition uniforme
des composants dans la masse. Le gluten, véritable
squelette de la pâte, sera constamment humidifié, plié
et étalé alternativement de façon à être en bonne
condition pour le travail ultérieur.
La durée du
pétrissage doit être appropriée afin d’obtenir un
développement optimum de la pâte.
Un pétrissage trop
court ne permettra pas le développement d’un
réseau de gluten suffisamment étendu capable de retenir
le gaz carbonique et de donner une structure au pain.
En cas de pétrissage
trop long, le réseau de gluten constitué est à nouveau
déchiré, ce qui donne une pâte collante sans force.
C’est ici qu’intervient
la notion de tolérance au pétrissage, c’est à
dire le laps de temps qu’une pâte normalement
pétrie peut encore l’être davantage sans être sur
pétrie. Cette tolérance varie d’une farine à l’autre
et peut être augmentée par l’incorporation d’agents
améliorants.
Plus on pétrit
longtemps, plus la pâte va monter rapidement (à
moins elle aura de goût)
Les farines pauvres
en gluten on intérêt à subir un pétrissage court, 6
à 10’ et un prépétrissage d’une minute
suivis d’un repos d’une dizaine de minutes.
XVII) POINTAGE
Laisser reposer et
lever (doubler de volume) la pâte recouverte d‘un
linge dans une ambiance humide et tiède (+/- 25°C) Si l’humidité
présente dans la pièce (l’armoire) où lèvent les
pains atteint 80% (= idéal), il est superflu de les
recouvrir d’un linge.
Le pointage permet au
gluten de lier encore de l’eau, ce qui va permettre
d’avoir une pâte plus sèche et plus facile à
travailler. La levure s’active et commence à
produire du gaz carbonique et de l’alcool.
La durée du pointage
varie en fonction de la quantité de levure utilisée, la
température de la pâte et du taux de protéine de la
farine utilisée. On observe que plus la durée du
pointage est longue, plus la saveur et l’odeur du
pain est amélioré.
Si le pointage est
trop long, le gluten se sera tellement étendu qu’il
aura perdu ses capacités « d’élasticité »
pour la suite de la fermentation (apprêt)
XVIII) DIVISION,
PREMIER FACONNAGE ET PREMIERE FERMENTATION EN PATONS
Diviser la pâte en
pâtons 10% plus lourds que le poids final du pain que l’on
désire réaliser (1100g si l’on désire un pain
cuit de 1 kilo) et façonnés (pétrir) brièvement les
pâtons. Cela permet d’expulser le gaz carbonique,
de plier, tendre le réseau de gluten de façon à
améliorer son élasticité (plus de maintien)
Laisser lever
pendant une durée variable (selon les mêmes critères
que pour le pointage dans le pétrin) Il faut éviter les
refroidissements et les courants d’air en couvrant
les pâtons d’un linge humide si nécessaire.
Certains boulangers
mettent les pâtons directement dans un moule et saute l’étape
de la deuxième fermentation.
Les professionnels
disposent le plus souvent d’armoires à pousse
contrôlée ou ils peuvent varier l’humidité
(idéalement 85 %) et la température. Pour éviter le
travail de nuit, ils peuvent ralentir la fermentation en
descendant à des températures de 1 ou 2 degrés.
XIX) DERNIER
FACONNAGE ET APPRET
Idem, le pâton est
repétris brièvement et mis en moule (le côté de la
soudure au fond du moule) Vaporiser un peu d’eau et
laisser de nouveau lever dans une ambiance tiède et
humide. Pensez à pratiquer quelques incisions en
diagonales par rapport à la longueur du pâton au moyen
d’une lame très bien aiguisée et tenue le plus
près possible de l’horizontale.
Lorsque les pâtons
ont doublé de volume, saupoudrer légèrement de farine
et enfourner dans un four très chaud (250°C) et humide.
Ce moment est délicat ; si le pain n’a pas
assez levé, il gonfle exagérément dans le four et la
croûte se déchire ; si le pain a trop levé, la
croûte s’affaisse à la cuisson.
XX) CUISSON
Au bout de 15
minutes, réduisez la température à 200°C et laissez
les encore 20 à 30 minutes. (= cuisson à chaleur
tombante)
Les pains sont
considérés cuits lorsque, démoulés, cela résonne
lorsque l’on tapote sur le fond.
Disposer les pains
sur des clefs jusqu'à leur complet refroidissement soit
+/- une heure. (= ressuyage)
Lors de la cuisson,
le pain continue à gonfler, le gaz carbonique se dilate
et ne peut s’échapper du réseau de gluten. L’activité
de la levure s’arrête lorsque la température de la
pâte atteint 45°C, de sorte que la production de gaz
cesse également. Lorsque la température atteint 75°C,
les protéines se solidifient et répandent de l’eau
dans l’amidon qui gélatinise à cette température,
générant la structure de mie typique. Ces
développements commencent à la surface de la pâte et
pénètrent progressivement jusqu’au centre du pain.
A mesure que la
température de la surface de la pâte augmente, une
coloration brune apparaît et une croûte plus ou moins
dure se forme. Celle-ci contribue largement à la
solidité, à la saveur et à l’odeur du pain et
limite l’évaporation de l’eau depuis le
centre. La mie se forme à l’intérieur du
pain : le gluten solidifié forme un fin squelette
dans lequel se trouve les molécules d’amidon
gonflés (= emploi) Une partie de l’amidon est
transformé en substances hydrosolubles de sorte que la
mie conserve une certaine souplesse.
Si l’on
désire obtenir au final un pain d’un poids
préfixé à l’avance (Ex. 800gr), il faudra peser
un pâton de +/- 900 gr. La pâte se dessèche sous l’action
de la chaleur et perd une partie de son eau. Plus le
pâton est petit et plus la surface en contact avec la
chaleur est grande ; plus la perte de poids est
importante. Généralement, on observe une perte de poids
qui varie entre 10 et 20 %.
XXI) RESSUAGE ET
RASSISSEMENT
Environ 2 heures sont
nécessaires dans la température ambiante (sèche) pour
que le pain descende à 30°C et puisse être coupé. Si
on laisse les pains dans leur platine après cuisson, ils
resteront dans une ambiance humide et non aérée ce qui
aura pour conséquence un ramollissement rapide du pain.
Le gaz carbonique et
la vapeur d’eau contenu dans la mie du pain s’échappent
en traversant sa croûte, devenue perméable, pour être
remplacé par l’air ambiant. On constate de nouveau
une perte de poids limitée à 2 %.
Après la cuisson, la
mie rassit plus ou moins vite selon les conditions de
conservation à cause de
la « rétrogradation » de l’amidon.
Celui-ci se recristallise et libère l’eau
emprisonnée qui est progressivement absorbée par les
chaînes de gluten. La croûte du pain se ramollit peu à
peu, et devient élastique, tandis que la mie s’émiette
en perdant son arôme. Plus on conserve du pain à des
températures proches de 0°C, plus le phénomène de
rassissement s’accélère. Il est donc déconseillé
de conserver du pain dans un frigo.
Si l’on repasse
brièvement au four un pain rassit, l’humidité de
la croûte va en partie s’évaporer tandis qu’une
autre partie va migrer vers la mie..Pendant
quelques heures, le pain aura de nouveau l’apparence
et le goût d’un pain frais.
Le pain non emballé
ou conservé dans une atmosphère sèche va se dessécher
plus ou moins vite. Ce phénomène est tout à fait
indépendant au rassissement.
XXII) IMPORTANCE DE LA VAPEUR D’EAU
EN COURS DE CUISSON
La vapeur d’eau
est un élément capital qui influence sur l’aspect
extérieur du pain, elle contribue en effet à la
formation d’une croûte fine, brillante et de
couleur blonde-brune grâce à la constante
humidification de la surface du pâton. En outre, un pain
cuit dans une atmosphère saturée de vapeur d’eau
perd lui-même moins d’humidité et donc moins de
poids.
En règle générale,
on projette la vapeur surtout au début de l ‘enfournement.
Cela retarde au maximum le dessèchement de la pâte et
permet au gaz carbonique emprisonné de continuer sa
poussée.
XXIII) VARIANTES
-
Remplacer 10 cl d’eau par 10 cl d’huile d’olive
par kg de farine pour une plus grande onctuosité.
-
Ajouter un jus de citron ou du vinaigre de cidre
(jusqu'à 10% maximum du volume d’eau) à fin d’augmenter
l’acidité et de faciliter le travail de la levure.
Si l’on réalise du pain au levain, celui-ci étant
naturellement acide, il est inutile de rajouter du
vinaigre
-
Même si on fait du pain à la levure, on peut ajouter un
peu de levain à la pâte lorsque l’on en a à
disposition (+/- 20 gr par kg farine).
-
On peut ajouter différentes céréales telles que du
tournesol, du sésame, de la quinoa,…
-
On peut ajouter des fruits secs : raisins, noix et
noisettes broyées.
-
Des farines d’orge, avoine, pois chiches, sarrasin,
châtaigne,… peuvent être mélangées à la pâte
mais en proportion limitée car elles sont exemptes de
gluten.
-
Ajouter jusqu'à 5 % de gluten pur à la farine en vue d’obtenir
une meilleure élasticité.
-
Pain viennois : une partie de l’eau est
remplacée par du lait
-
Pain fougasse : frire dans de l’huile
d’olive des oignons et des lardons (100gr par kg de
farine) Ajouter du romarin et des olives coupées en
petits morceaux. Incorporer le tout à la pâte.
-
Pizzas : réaliser une pâte à pain à base
de farine blanche de froment ou d’épeautre et
remplacer 15 % de la quantité d’eau par de l’huile
d’olive. Garnir d’un coulis de tomates,
oignons, champignons et épices. Agrémenter de jambon
coupé finement, lardons, fromages, thon, anchois,
olives, poivrons…Cuire brièvement (5 à 10’)
dans un four très chaud et sans vapeur.
Traditionnellement, les pizzas sont cuites dans un four
en pierre à même la sole, les braises de bois étant
poussées dans un coin du four. Il y règne une
température de 300 à 400°C.
Ex : pour 4 grandes pizzas,
prévoir 1 kg de farine blanche, 90 gr d’huile d’olive,
510 gr d’eau, 40 gr de levure fraîche et 17 gr de
sel.
D’une façon
générale, on n’incorpore pas plus de 10% du poids
de la farine en farine non panifiable, graines,…
XXIV) DEFINITIONS
LEGALES, POIDS LEGAUX…
Le législateur belge
(A.R. du 2 septembre 1985) définit le pain comme
un produit de boulangerie obtenu par la cuisson de pâte
pétrie et fermentée à base de farine(*) de céréales
susceptibles d’être cuites, d’eau potable, de
levure ou levain et de sel (maximum 2% de la matière
sèche).
(*) farine de
froment blutée, farine blutée d’autres céréales
panifiables avec ou sans addition de farine de froment
blutée, farine intégrale ou partiellement intégrale de
céréales panifiables.
Le pain peut,
en outre contenir une quantité minime de matières
grasses (maximum 0,5% calculé sur la farine mise en
œuvre), de sucres, de farine ou d’extrait de
malt (maximum 1% calculé sur la farine mise en
œuvre) et adjuvant.
Le pain spécial contient
les mêmes ingrédients que le pain auquel on
ajoute un ou plusieurs des ingrédients suivants sous
leur forme originale ou sous forme d’un
adjuvant :
-
graisses comestibles émulsionnée ou non
-
miel, sucres
-
amidons alimentaires
-
lait et produits dérivés du lait
-
maltodextrines, maltose
-
farine de malt, extrait de malt, farine de légumineuses
-
gluten
Le pain spécial peut
également contenir du cumin et être décoré à l’extérieur
de graines de pavot, sésame ou cumin.
Appellations
légales au poids réglementé :
-
pain de ménage rond avec baisures (mie apparente sur les
côtés) de 500 ou 1000gr (spécial : 450 ou 900gr)
-
galette ronde sans baisures sur les côtés de 450
ou 900gr (spécial : 400, 600 ou 800gr)
-
pain platine rond cuit dans un moule de 450 ou 900gr
(spécial : 400, 600 ou 800gr)
-
pain boulot ovale de 450 ou 900gr (spécial 400, 600 ou
800gr)
-
carré rectangulaire de 450 ou 900gr (spécial :
400, 600 ou 800gr)
Les produits de
boulangerie autres que le pain ou petits produits
croustillants ou croquant ne pesant pas plus de 300gr
dont la composition ne peut pas différer du pain ou
du pain spécial.
Exemple : la baguette
(400 ou 600gr) née en France vers 1920 :
pour 1 kg de farine blanche, 50gr de levure, 6 dl d’eau
froide, 50 gr d’adjuvant (Voludeb,…), 50gr de
margarine, 20gr de sel. Abattre la pâte trois fois comme
une pâte feuilletée avant de lui donner la forme d’une
baguette. Cuisson 10’ dans un four saturé de vapeur
à 250°C.
Les produits de la
fine boulangerie ou produits de luxe tendre à mie
molle et jaune avec une croûte dorée. Ils contiennent
les mêmes ingrédients que le pain, le pain
spécial et les produits de boulangerie autre que
le pain mais dans des proportions différentes :
-
sucres et graisses seules ou combinées mais avec un
minimum de 10%
-
œufs avec un minimum de 5%
-
fruits secs ou confits
-
cacao, chocolat
-
confiture, marmelade ou gelée
XXV) LES PATES
CONGELEES
Dans ce cas, la
levure présente en plus grosse quantité, car sensible
à la congélation, sera le moins possible activée lors
du pétrissage. Il est nécessaire de refroidir le
pétrin, la farine et l’eau. On ajoutera un peu plus
de matières grasses, de sucres, une levure spécifique
à la congélation ainsi que des adjuvants spéciaux.
La pâte serra ensuite rapidement congelée à basse
température. La décongélation se ferra
lentement : par exemple 16 heures à 5°C. Le
restant des opérations se déroule classiquement.
XXVI) LES PAINS
PRECUIT
Préparé de façon
classique si ce n’est qu’ils contiennent un peu
moins d’eau pour être un peu plus ferme et que leur
poids ne dépasse pas les 300 gr. Cela permet une cuisson
courte ne formant pas une trop grosse croûte, il est
vrai que ces pains doivent être recuit au plus tard dans
les 48 h. s’ils sont conservés à une température
basse et dans une humidité contrôlée. Ce laps de temps
pourra être porté à 3 mois en cas d’emballage des
pains sous un mélange de gaz carbonique et d’azote
voire plus longtemps en cas de congélation (rapide)
XXVII) LA
BOULANGERIE DITE « FINE »
On y retrouve bien
sûr la farine, l’eau, le sel, la levure mais
aussi :
-
du sucre pour le goût et la couleur de la
croûte. Un peu de sucre active le travail de la levure,
trop l’inhibe.
-
des œufs pour le goût, la couleur de la
pâte et sa légèreté. Une utilisation trop grande d’œufs
peut donner lieu à un produit plus secs à cause du
pouvoir de liaison élevé des jaunes d’œufs.
-
du lait ou de la poudre de lait : la graisse
rend la pâte plus élastique et lui donne plus de
saveur ; le lactose améliore également la saveur
mais il va surtout influencer la couleur de la croûte,
en effet, il ne se mélange pas avec la levure. Enfin,
les protéines lactiques exercent une influence positive
sur le rendement de la pâte.
-
des matières grasses pour leur influence positive
sur la structure, la saveur, le moelleux du produit fini.
Un usage excessif inhibe la fermentation et affaiblit le
gluten. La margarine procure moins de saveur que le
beurre mais elle résiste mieux à la cuisson.
-
des fruits secs (raisins) qu’ils vaut mieux
faire macérer 5 minutes dans de l’eau tiède avant
de les égouttés et de les incorporer (tièdes) dans la
pâte.
Quelques
recettes :
-
Cramique : 150 gr de beurre ramolli ou
margarine, 3 œufs, 0.4 litre de lait tiède, 40 gr
de sucre, 10 gr de sel, 250gr de raisins secs, 30 gr de
levure pour 1 kg de farine blanche + un œuf pour la
garniture. Idem pain
-
Craquelin : remplacer les raisins par du
sucre perlé, mais ne les incorporer que lors du
façonnage du pâton car vous aurez au préalable
soustrait un peu de pâte pour l’aplatir sous forme
de tarte (et envelopper le pâton dedans affin que le
sucre ne colle pas au moule).
-
Brioche : 500 gr de beurre ramolli ou
margarine, 12 œufs + un œuf pour la garniture, 0,25
litre de lait tiède, 17 gr de sel, 40 gr de levure pour 1
kg de farine blanche. (Si brioche sucrée, ajouter 65 gr
de sucre)
Réaliser une
fontaine avec la farine, verser le lait tiède et
délayer la levure. Laisser agir 15’. Ajouter les
autres ingrédients et pétrir pendant 15’
-
Sandwiches : 1 kg de farine blanche, 0,4
litre d’eau, 80 gr de levure, 15 gr de sel, 50 gr de
sucre, 100 gr d’œufs (= 2 œufs entiers),
150 gr d’adjuvants (Cette recette n’est pas tirée
de la littérature bio)
-
Cake aux raisins : laisser tremper 500 gr de
raisins secs dans de l’eau additionnée de rhum.
Battre 7 jaunes d’œufs avec 300 gr de sucre
semoule. Ajouter 300 gr de beurre ramolli et 400 gr de
farine blanche + un paquet de levure chimique et un peu
de cannelle. Laissez reposer une heure. Incorporer
ensuite les blancs battus en neige et les raisins préalablement
enfarinés. Cuire +/- 45’ à 180°C
Cuisson : les
pains de la fine boulangerie sont cuits à une
température moins élevée (+/- 200°C) que le pain
ordinaire (+/- 250°C) mais plus élevée que pour la
pâtisserie (+/- 180°C) Les sandwichs sont toutefois
cuits à 250°C comme le pain mais pendant une durée
beaucoup plus courte ( 6 à 9’) vu leur faible
poids.
XXVIII) TARTES,
GARNITURES
Pâte à tarte ( = pâte levée)
: 200 gr de lait tiède, 60 gr de levure, 300 gr de
beurre ramolli ou margarine, 6 œufs, 80 gr de sucre,
10 gr de sel pour 1 kg de farine blanche. (+/- 7 grandes
tartes)
Délayer la levure dans le lait tiède,
ajouter les autres ingrédients en terminant par le sel
et pétrir
Laisser lever la pâte pendant 4 à 5
heures. Repétrir, laminer à l’épaisseur
désirée, mettre en moule. Dorer le bord de la pâte
avec un œuf battu.
Variante : 300 gr de lait,
50 gr de levure, 100 gr d’oeufs soit 2, 400gr de
beurre, 35 gr de sucre et 17 gr de sel pour 1 kg de
farine blanche. Cette pâte à l’avantage de lever
plus vite que la précédente.
-
Tarte au flan : mélanger 100 gr de sucre à 50 cl
de lait et une ou deux gouttes de concentré de vanille.
Porter à ébullition. Battre 3 œufs entiers au
mixer. Verser le lait bouillant sur les œufs en mélangeant.
Verser dans une tarte à moule profond et cuire +/- 30’
à 180°C.
-
Tarte aux fruits : garnir le fond du moule avec un
mélange de 50% de sucre de canne et de 50% de farine.
Disposer les morceaux de fruits (pommes, poires, prunes,
abricots, pêches, cerises,…). Enfourner 30‘ à
180°C. Au sortir du four, tiédir un peu de gelée de
coing et la verser sur la tarte.
-
Tarte au citron : râper le zeste de 2 citrons et
presser le jus. Dans une terrine, battre 2 œufs et
225 gr de sucre, ajouter 75 gr de beurre fondu, le jus et
le zeste de citron. Cuisson : environ 30 minutes à 200°C.
-
Tarte au riz : cuire 75 gr de riz rond blanc dans ¾
de litre de lait parfumé à la vanille. Laisser
refroidir. Ajouter 3 jaunes d’œufs, du sucre,
de la crème fraîche et les blancs d’œufs
battus en neige. Saupoudrer la tarte garnie avec du sucre
mais éviter d’en mettre dans la pâte levée.
-
Tarte aux œufs : après avoir abaisser la pâte
dans un moule, le remplir sur la moitié de la hauteur
(sans tasser) de sucre impalpable. Disposer 3 ou 4 noix
de beurre et recouvrir d’un mélange de : 10
œufs (500 gr) battu avec 250 de lait et 250 gr de crème
fraîche.
-
Tarte au fromage : mélanger 250 gr de fromage blanc
crème, 2 jaunes d’œufs, 2 c à s de crème, 60
gr de sucre, 50 gr de broyage d’amandes, 2 c à s de
farine et les blancs d’œufs en neige en
dernier.
-
Tarte au sucre : diluer différents sucres :
semoule, cassonade, canne, sucre vanillé,… dans un
peu de crème fraîche et un jaune d’œuf.
Pâte brisée : réaliser
dans un bol une fontaine avec un mélange de 250 gr de
farine blanche, 20 gr
de sucre, 2 gr de sel. Incorporer 100 gr de beurre
ramolli et couper en dés. Mélanger sans pétrir en
ajoutant un peu d’eau pour former une boule de
pâte. La laisser reposer au moins 30 minutes au frigo
avant de l’abaisser au rouleau.
-
Tarte frangipane : mélanger 250 gr de poudre d’amandes,
250 gr de sucre semoule, 250 gr de beurre ramolli, 125 gr
de farine blanche, 1 œuf et selon le goût 2 gouttes
d’extrait d’amandes amères et 2 gouttes de
fleur d’oranger. Verser le mélange dans la tarte.
Cuire à 180 °C pendant 45 minutes environ (la tarte est
cuite lorsque la lame d’un couteau plongée dans la
garniture ressort sans aucune traînées). Une fois
cuite, on glace la tarte avec un peu de sucre impalpable
dilué dans très peu d’eau et réchauffé dans un
poêlon juste le temps que le sucre soit fondu. Napper la
tarte au pinceau.
N.B : La pâte brisée convient
bien pour les fonds de gâteaux ou de tartes dont la
garniture n’est pas trop liquide : tarte
frangipane, tarte au sucre mais pas pour des tartes aux
fruits, à la crème, au riz…
XXIX) LES PATES
LEVEES FEUILLETEES
Les pâtes levées
feuilletées sont des pâtes où le développement est
obtenu d’une part par la levure et d’autre part
par la matière grasse. La pâte lève sous l’action
de la levure en dégageant du gaz carbonique. Pendant la
cuisson, l’eau s’évapore mais les couches de
matières grasses empêchent la vapeur de passer. La
pâte est poussée vers le haut. Un produit feuilleté
est créé de cette façon.
La margarine est
plus facile à utiliser que le beurre. Elle ne doit pas
être trop molle, sinon, elle pénètre dans la pâte et
il n’y a pas d’effet « feuilletage ».
Si elle est trop
dure, la pâte est endommagée, des trous se forment
laissant échapper la vapeur d’eau. L’effet
« feuilletage » est irrégulier.
Dans le cas d’une
pâtelevée feuilletée, on utilise moins
de matières grasses et le nombre de tours nécessaires
au développement du feuilletage sont plus bas. Pour une pâte
feuilletée, l’effet dû au développement de la
levure est supprimé, le résultat dépend uniquement de
la poussée des couches par la vapeur d’eau
dégagée.
Croissant :
-
1 kg de farine blanche
-
0,5 L d’eau ou de lait
-
30 à 45g de levure
-
17g de sel
-
1 œuf (facultatif)
-
50 à 100g de sucre
-
adjuvant (si non bio)
-
400 g de matière grasse pour tourage. Si on emploie du
beurre (= plus savoureux) il faut impérativement que la
pâte ne dépasse pas 30°C, sinon le beurre fond !
A la fin du pointage,
soit après 1h30 environ, on étale la pâte sous forme d’un
carré de 1 cm d’épaisseur. On place la matière
grasse au milieu sous forme d’un petit carré.
Replier les bords de la pâte qui dépasse sur le petit
carré. Allonger ensuite cet ensemble sur 3 fois sa
longueur initiale et le replier en 3 sur elle-même.
Recommencer ensuite 2 fois cette opération (allonger,
replier en 3) en laissant un repos de 10 mn entre chaque
tour. Laisser reposer 15 mn et allonger une dernière
fois à 4 mm d’épaisseur. Découper des triangles,
les rouler et les courber en forme de croissants. Dorer
à l’œuf battu avant d’enfourner. Le
croissant étant assez fragile, il est conseillé de le
laisser ressuyer 30 mn avant de le manipuler.
Il est possible de
préparer les croissants la veille et de les garder au
frigo (armoire à pousse contrôlée)
Dans ce cas, on
utilise de l’eau ou du lait froid, voir glacé. 15
mn seulement après le pointage, on toure tel que décris
ci-dessus. Après leur séjour au frigo les croissants
sont progressivement amenés à une température plus
élevée ; la levure fait son effet. Dorer et
enfourner au moment le plus adéquat.
Variantes :
croissants au chocolat, pains au chocolat,…
Pour les bretzels, nœuds papillon, couque garnie aux
fruits; on utilise la même pâte enrichie d’œufs
(4 par kg de farine)
XXX) QUELQUES
RECETTES DE PATISSERIE
Pâte feuilletée : il s’agit du même
principe que pour la pâte levée feuilletée, si ce n’est
qu’on utilise ni levure ni poudre à lever.
Mélanger 1 kg de farine avec 150 gr de margarine pour
cake, 0,5 L d’eau et 20g de sel. Allonger la pâte
en carré sur 1 cm d’épaisseur. Disposer 750g de
margarine à tourer sur un petit carré au centre.
Procéder de la même manière que pour la pâte levée
feuilletée et accorder un temps de repos de +/- 2 heures
avant cuisson.
Génoise express :
- 4 oeufs
- 125g de sucre semoule
-
125 gr de farine blanche ou 100g + 25g de cacao
-
4 à 8 g de levure chimique ( = 1 paquets)
-
1 g de sel
-
1 goutte de vanille (facultatif)
Battre les blancs
avec le sucre en neige, incorporer ensuite les jaunes, la
farine petit à petit, la levure chimique, le sel (+
vanille) Continuer à mélanger délicatement et
enfourner aussi tôt.
Graisser des moules
et les remplir au 2/3. Cuire dans un four à 180°C
pendant +/- 30 minutes. Vérifier la cuisson en
introduisant un fin couteau dans la pâte. Celui-ci doit
ressortir sans aucune trace de pâte.
Crème au beurre :
-
250g de beurre ramolli non salé
-
250g de sucre impalpable
-
75 à 100g de chocolat fondant ramollit (facultatif)
-
1 ou 2 jaunes d’œuf (facultatif)
Travailler le beurre
jusqu'à ce qu’il soit onctueux. Incorporer petit à
petit le sucre impalpable et éventuellement les jaunes d’œufs
et /ou chocolat mais toujours très progressivement.
Crème pâtissière
-
1 litre de lait entier
-
1 œuf entier et 5 jaunes
-
200 gr de sucre semoule
-
100 gr de pudding, maïzena ou farine blanche
-
arôme : vanille, café, chocolat praliné, coco,
alcool, liqueur…
Mélanger ensemble le
féculent et la moitié du sucre dans une bassine. Diluer
un peu de lait froid. Ajouter l’œuf et les
jaunes et bien travailler le tout.
Dans une casserole
(inox), verser le lait restant, la moitié du sucre et
une gousse de vanille fendue (facultatif). Porter à
ébullition tout en mélangeant. Lorsque le lait monte,
verser une petite partie dans la première composition
affin d’éviter la formation de grumeaux. La verser
ensuite le tout dans le lait bouillant tout en remuant au
fouet et continuant à cuire à feu moyen jusqu'à l’apparition
de gros bouillons. Ajouter un (autre) arôme éventuel et
laisser refroidir.
On peut éviter la
formation du croûtage à la surface de la crème soit en
mélangeant de temps en temps, en nappant la surface de
beurre, en recouvrant d’un film plastique
alimentaire ou encore en sous poudrant de sucre
impalpable.
Il faut éviter de
verser la crème pâtissière dans des récipients
humides car l’humidité fait relâcher la crème qui
devient liquide et, attendre son complet refroidissement
avant de l’incorporer à diverses pâtes sinon, il y
a risques que ces dernières se ramollissent à cause de
l’évaporation de la vapeur d’eau.
La crème
pâtissière est particulièrement fragile au point de
vue bactériologique. Il faut l’utiliser le jour
même et la garder au frigo. Le lendemain, elle ne pourra
plus s’utiliser que dans des préparations qui
devront subir une cuisson : brioche, tarte…
Crème fouettée (sans sucre) ou chantilly (avec sucre)
Battre d’abord
lentement de la crème ( 40% de matières grasses) très
froide dans un récipient très froid. Lorsqu’elle
à pris du volume, battre plus vite. Quand la crème s’épaissit,
on peut incorporer le sucre (et parfois de l’arôme
de vanille) si on réalise une crème chantilly (100gr de
sucre pour 100cl de crème) Arrêter de battre lorsque
les fouets forment des stries.
Pour obtenir une
crème fouettée plus légère et de meilleure tenue
(surtout en été), on peut incorporer des feuilles de
gélatine.
Conservation limitée
de maximum 24h au réfrigérateur.
Crème d’amande
Pour un kilo de
broyage d’amandes, 500gr de beurre tempéré, 6
œufs bien frais et un arôme facultatif de vanille
ou de rhum.
Mélanger le
broyage avec le beurre tempéré. Ajouter progressivement
les œufs et terminer par l’arôme.
Conserver au frigo.
Meringues
Pour 8 blancs d’œufs
(280gr), 500gr de sucre semoule et de l’arôme de
vanille (facultatif)
Battre les blancs
(tempéré de préférence) en neige d’abord
lentement. Vigoureusement ensuite tout en incorporant
progressivement un tiers du sucre. Lorsque les blancs
sont montés bien ferme et qu’il ne progresse plus
sur la paroi, arrêter le batteur. Incorporer ensuite par
palier les 2/3 du sucre restant en mélangeant avec une
spatule.
Dresser aussitôt la
meringue avec une douille sur une plaque beurrée et
farinée ou sur du papier de cuisson.
Cuire (sécher) 2 à
3 heures dans un four tiède (90 à 110°C)
Pendant le montage,
le battage permet à l’albumine du blanc d’œuf
d’emprisonner de plus en plus de bulles d’air.
Lorsque les blancs ne progressent plus, il faut stopper
le montage, sinon les coups de fouets provoquent l’éclatement
des bulles d’air et l’affaissement des blancs.
Pendant la cuisson,
les bulles d’air se dilatent (gonflement) Dés que l’on
atteint 20°C, l’albumine du blanc d’œuf
se coagule et durcit.
Meringues Italiennes
Pour 280gr de
blancs d’œufs (8), 500gr de sucre semoule et
200 cl d’eau.
La réussite de cette
fabrication dépend en partie de la synchronisation de la
cuisson du sucre et du montage des blancs.
Cuire le sucre dans l’eau
en passant un pinceau mouillé sur les bords du poêlon
pour enlever les éclaboussures.
Lorsque le sirop de
sucre atteint 110°C, commencer à monter les blancs avec
une pincée de sucre afin d’éviter le grainage des
blancs.
Continuer la cuisson
du sucre. Dés que la température atteint 120°C (=
stade du sucre grand boulé), verser en un mince filet le
sirop de sucre sur blancs (qui doivent être prêt à ce
moment là) tout en continuant à battre.
La meringue peut par
exemple être directement introduite dans une poche à
douille afin de garnir une tarte.
Passer ensuite la
tarte quelques minutes au four pour dorer la meringue.
Le sirop de sucre est
dit au stade « grand boulé » lorsqu’une
goutte plongée dans un bol d’eau froide forme une
boule que l’on peut modeler avec ses doigts.
Pâte à choux
50 cl d’eau,
25gr de sucre, 200gr de beurre, extrait de vanille, 5gr
de sel, 250gr de farine de blanche et 8 œufs.
Cuire ensemble en mélangeant
l’eau, le sucre, le beurre, la vanille et le sel.
Lorsque le mélange
bout et est onctueux, retirer du feu et ajouter la farine
d’un seul coup. Mélanger avec une cuillère en bois
jusqu’à l’obtention d’une pâte lisse.
Remettre brièvement
sur le feu 2 minutes en mélangeant pour sécher la
pâte.
Retirer du feu et
incorporer intimement 1 à 1 les œufs.
Dresser avec une
douille sur une plaque de pâtisserie graissée.
Cuire 20 minutes à 180°C
dans un four saturé de vapeur (récipient d’eau) en
évitant les ouvertures intempestives.
Eclairs
Fendre ou inciser
les choux. Incorporer au moyen d’une douille la
crème pâtissière pure ou parfumée avec de l’essence
de café ou de chocolat.
Fondre légèrement
du fondant avec un filet d’eau et additionné au
choix de chocolat noir fondu ou d’essence de café.
Retourner le chou et le tremper dans le mélange.
XXXI) DIETETIQUE
Le pain complet à la
levure (fermentation alcoolique de type saccharomyces
= champignon ajouté) contient de l’acide phytique
(= à base de phosphore) Il s’agit d’un
composant naturel de l’écorce des graines. Ce
dernier s’associe dans l’intestin à certains
minéraux tel que ceux contenus dans les enveloppes de l’amande
farineuse pour former des phytates insolubles et donc
inassimilables. Plus grave encore, l’acide phytique
va aller puiser dans les intestins les sels minéraux peu
présents dans l’écorce du grain de blé tel que le
calcium et le fer. Cet effet de déminéralisation s’observe
chez les consommateurs de pains à la levure à base de
farines complètes (= riches en sels minéraux) Pensant
bien faire en mangeant du pain complet à la levure, ces
derniers risqueraient au pire l’anémie et la
décalcification des os et des dents !
Le pain au levain
(longue lactofermentation obtenue grâce aux enzymes
contenues dans la farine) garde ses propres enzymes
intactes ce qui va permettre à une pré-digestion de
commencer et, au final, une bien meilleure assimilation
des sels minéraux.
Il est toutefois
possible de manger sans risque du pain complet à la
levure si on laisse à cette dernière le temps d’agir,
de dégrader les sels minéraux pour qu’ils
deviennent assimilables. Il suffit d’utiliser moins
de levure et d’augmenter la durée du pointage et de
l’apprêt. Le pain aura un goût légèrement plus
acide mais beaucoup moins prononcé que du pain au
levain.
De plus en plus de
personnes semblent devenir intolérantes au gluten. Or
nous mangeons du pain depuis très longtemps ?
Serait ce dû aux
manipulations génétiques subies par le blé depuis l’aboutissement
des recherches de Mendel sur la génétique vers
1900 ?
Enfin, certains
puristes font valoir que le croustillant, le goût
caramélisé du pain, du à la réaction de Maillard, est
néfaste pour la santé. La réaction de Maillard est
typique de toutes les cuissons de protéines. On
déconseille d’ailleurs d’abuser des viandes
cuites au barbecue. D’autres stigmatises l’apparition
d’une nouvelle maladie : l’othorexie. Ce
sont des personnes qui ont peur de se nourrir, de s’empoisonner
par la nourriture, qui parcourent les étiquettes en long
et en large, qui suivent à la lettre les recommandations
parfois contradictoires des gourous de la diététiques
…Allons, ne boudons pas notre plaisir à manger du
pain.
SOURCES :
-
Le Compagnon Boulanger (J-M Viard), Ed. Jérôme Villette
-
www.unifa.be
-
www.cannelle.com
-
www.boulangerie.net
- A voir : le site de la
boulangerie Poilane à Paris www.poilane.fr
et celui de la boulangerie La Wetterenoise à Bruxelles
www.wetterenoise.be
REMERCIEMENTS A :
-
Jean-Marie Martin de la boulangerie Bionam
-
Raymond Convié du Soleil Levain
-
Frédéric Backx
-
Marc Dewalque
qui m’ont ouvert leurs portes de
leur atelier et accepté de partager leur savoir-faire.