« Réaliser ses propres peintures à base de chaux, caséine, huile de lin, gomme laque,… »

 

La peinture, un mariage parfait entre un liant et un solvant.

 

Toutes les peintures sont composées de liants (= liant des différents composants, = colle qui va permettre l’accroche au support) et de solvants (=  dissolvant des différents composants, = fluidifiants qui vont permettre l’application avant de s’évaporer au séchage) :

-          peintures à l’huile de lin, aujourd’hui résine alkyde soit un dérivé gras du pétrole avec un solvant synthétique, le white spirit (solvant végétal si peinture naturelle)

Mais il peut aussi s’agir d’éthers de glycol ou de méthanol, sources de composés organiques volatils (COV), potentiellement dommageables pour la santé

-          peintures solubles à l’eau (= diluant) à base de liants latex, acrylates et vinyle et plus récemment les laques acryliques (polyuréthane).

-          peintures tout à fait naturelles à base de caséine (= protéine du lait) avec l’eau pour solvant

-          peintures minérales à base de silicate de potassium (= liant)

-          peintures minérales à base de chaux éteinte aérienne avec l’eau pour solvant

 

+ des « pigments » : poudre colorée qui donne la coloration et l’opacité ;

À cela s’ajoute souvent les « additifs » : siccatifs pour réduire le temps de séchage, épaississants, biocides et des charges.

 

Siccatifs à base de sels minéraux, de dérivés de plomb, du cobalt et du manganèse, de calcium, de zirconium, de zinc.

 

Les charges remplacent une partie des pigments, souvent chers, et donne à la peinture un aspect et une consistance particulière.

- craie, blanc d’Espagne, de Meudon, de Champagne à base de carbonate de calcium tendre.

- poudre, sable, farine de marbre produit à partir d’un carbonate plus dur et d’un blanc plus intense.

- blanc (dioxyde) de titane est un blanc opaque vif et brillant, très couvrant et très résistant à la lumière. Il réfracte 96% de la lumière. Egalement considéré comme pigment. Se protéger les yeux et les voies respiratoires lors des manipulations.

- talc = espèce minérale composée de silicate de magnésium doublement hydroxylé de formule Mg3Si4O10(OH)2,

- kaolin = argile très blanches et très fine

 

Historiquement,

 

la peinture à la chaux serait déjà connue des Egyptiens tout comme la peinture à la caséine et à l’argile.

 

La technique de la détrempe est le plus ancien procédé de peinture connu. Les Égyptiens s'en servaient déjà, de même que les Étrusques, les Grecs et les Romains.  Employée dans l'Antiquité et au Moyen Âge, cette technique de fabrication de peinture consiste mélanger les couleurs en poudre avec des substances agglutinantes de types divers,  l’œuf, lait de figue, lait, caséine, colles animales, l’amidon de pomme de terre, etc.), à l'exception de l'huile. Les couleurs ainsi préparées, et toujours liées à du carbonate de plomb, sont diluées dans de l'eau, d'où le nom de détrempe. Elles sont ensuite étendues sur un support, soit un mur, du bois ou de la toile. Les couleurs de cette peinture antique ne se détériorent pas. Cependant, les procédés de détrempe offrent moins de souplesse que la peinture à l'huile. C'est pourquoi, à partir du XVe siècle, la détrempe fut supplantée par la peinture à l'huile.

 

La peinture à la caséine est perméable et non lavable, très stable et avec un bon pouvoir couvrant. Attention, elle ne devient opaque - avec sa teinte définitive - qu'après séchage et laisse voir le support par transparence au début.

La peinture à la caséine pure s’enlève facilement rien que par le frottement d’une éponge imbibée d’eau. Par contre, le mélange de caséine et de chaux est très bénéfique, le résultat est beaucoup plus stable.

 

La peinture à base de silicate de potassium (= verre) ne fut produite qu’en 1880. C’est une peinture respirante et perméable utilisée pour les façades extérieures. Elle a la particularité de réagir avec la chaux contenue dans le support (brique, béton) sur laquelle elle est appliquée pour former de la chaux à l’acide salicylique avec pour caractéristique une très grande perméabilité et une extraordinaire durabilité dans le temps. Contrairement à la chaux, en cas d’humidité, le support original (briques, blocs) ne transparaît pas, comme si on était en présence d’une peinture acrylique qui serait respirante et perméable !  

 

Les peintures à l’huile et les peintures acryliques se sont massivement imposées dans les années 50 grâce aux dérivés du pétrole bon marché…mais pour combien de temps encore ?

La nature à mis 30 millions d’années pour transformer le CO2 en pétrole. En moins d’un siècle, nous aurons épuisé cette fantastique ressource.

Pour obtenir, au départ de pétrole, les dérivés nécessaires à la fabrication des peintures conventionnelles, les industriels de la peinture ont recours à de grosse quantités d’énergie fossile et engendrent pas mal de déchets toxiques.

 

En réaction, dans les années 60, sont nait en Allemagne des peintures naturelles à base de solvants végétaux.

 

Un passé coloré d’impacts sur l’environnement…

On vient de loin ! Prenons trois exemples pour voir comment l’industrie de la peinture a choisi ou été forcée d’intégrer des préoccupations environnementales et de santé dans l’élaboration de ses produits.

·                         Le plomb. Le plomb a été utilisé dans la fabrication de peintures pour ces excellentes vertus siccatives. Mais bien qu’il soit interdit depuis 1948, il est encore présent dans d’anciennes couches de peinture de bâtiments anciens. Il est encore aujourd’hui responsable du saturnisme, intoxication atteignant le système nerveux, les reins, le sang et le système digestif.

·                         Le PCP et le lindane. Parmi les additifs les plus dangereux qui ont été utilisés dans les peintures, on trouve le pentachlorophénol et le lindane, deux pesticides cancérigènes et toxiques puissants. Heureusement, aussi interdits aujourd’hui.

·                         Les composés organiques volatils (COV). Ce sont des substances que l’on retrouve dans les solvants de nombreuses peintures. Les émissions de COV concourent à la modification de la couche d’ozone - avec des conséquences sur les écosystèmes - et s’accumulent dans l’air des maisons. Ils représentent l’une des principales sources de la pollution intérieure. La plupart ont des effets potentiels sur la santé : irritations des voies respiratoires, des yeux et de la peau, démangeaisons, maux de tête, fatigue, étourdissements, perturbation du sommeil… Mais ils sont également impliqués à plus long terme dans certains cancers, maladies dégénératives ou allergies. La directive européenne de 2004, en application depuis le 1er janvier 2010, cherche à limiter les émissions de COV, en particulier celles des peintures et vernis.

Peut-on dès lors espérer que les peintures actuelles sont sans danger ? Rien n’est moins sûr…
Certains produits toxiques, irritants ou allergisants entrent encore dans la composition des peintures actuelles et continuent à faire débat : les éthers de glycol, des pesticides et agents de conservation, le propylène glycol et ses dérivés, le méthanol, des résines synthétiques, les hydrocarbures aromatiques, etc. Les nanoparticules ont aussi fait leur apparition dans le domaine des peintures. La transparence et le principe de précaution reste donc de mise ! Il y a des risques de santé pour tout ceux qui mettent en œuvre ces produits ainsi que pour ceux qui, jour après jour, vont respirer à petite dose les émanations de ces peintures dans des pièces sur isolées et généralement peu ventilées.

La vague de greenwashing déferle sur les peintures !

L’industrie de la peinture l’a compris, la tendance est au « vert ». A côté des produits classiques, les fabricants s’intéressent à la niche écologique en proposant des produits à impacts réduits sur la santé et l’environnement.

Quelques exemples… !

«Oxygène», «Eco-Nature», «Environnement», «Payable avec des éco-chèques», «Eco-plus», «Ushuaia», ou tout simplement «Nature», les sous-marques ne manquent plus dans les rayons. Entre greenwashing et vraies améliorations, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. 

Ces produits issus de groupes industriels importants concurrencent cependant l’offre de petits fabricants qui se sont efforcés dès l’origine de proposer des produits respectueux de la santé et de l’environnement.

La différence réside parfois dans la transparence de l’information à propos du produit. Là où, globalement, les petits fabricants de peintures donnent un accès libre à la fiche technique du produit sur Internet, il faut parfois chercher longtemps avant de trouver cette information sur les sites des géants de la peinture. Les marques de peintures que l’on trouve dans les négoces de matériaux écologiques proposent pour la plupart des cas un accès libre et direct aux fiches techniques ainsi que la liste des composants des peintures.

Ce que l’étiquette ne nous apprend pas toujours

La transparence de l’information figurant sur l’étiquette est très relative et aussi très variable selon les marques de peintures. Aujourd’hui, il n’est pas obligatoire de mentionner la liste des ingrédients sur le produit. La fiche technique du produit nous en appendra plus. Certaines marques les mettent à disposition sur leur site Internet. D’autres sur demande. Les fiches de sécurité sont elles, sauf exception, uniquement disponible auprès des organismes émetteurs de fiche de sécurité.
Lorsque vous mettez la main sur la liste des composants, encore faut-il la comprendre. Voici quelques informations pour vous aider à décoder les ingrédients :

Acide acétique ou « anti-calcaire »
A priori du vinaigre ! Probablement l’indication d’une dispersion vinylique à base de polymères d’acétate de vinyle éthylène (PAV-E ou EVA). On peut donc se tromper sur le caractère « naturel » de l’acide acétique !

Acrylate
Indique que le liant est une résine acrylique de synthèse.

Alcool Parfois du méthanol (alcool méthylique), composé chimique non inoffensif.

Alkydes d’huile (de soja)
Résines synthétiques de la famille des polyesters. Fabriqués et modifiés à partir des acides gras du soja. Souvent génétiquement modifiés.

Cire saponifiée ou non
Souvent d’origine chinoise si l’étiquette ne précise pas son origine. Il s’agit de cire d’abeille décontaminée et filtrée, engendrant un déchet industriel important.

Colophane
La colophane est soit issue de l’huile de térébenthine recueillie à partie de la résine du pin du Portugal, soit produite au Brésil, en mélangeant des solvants lourds avec des copeaux de pin.

Essence minérale
Issu du pétrole raffiné (white-spirit).

Glycérine
C’est un retardateur de séchage, assouplissant. Souvent synthétisé par distillation de produits pétroliers.

Isoaliphatique
Produit pétrolier, peu émissif en COV (heptane, hexane ou white-spirit).

Isoparaffine
La paraffine est un hydrocarbure aliphatique saturé acrylique, autrement dit, un dérivé pétrolier.

Latex
Sans mention d’origine naturelle « issu de l’hévéa », le latex fait référence à du styrène butadiène modifié chimiquement. Issu de produit pétrolier.

Méthylcellulose ou cellulose
Epaississant, souvent issu de Roumanie, non problématique.

Résine
Soit d’origine végétale (voir fiche technique), soit d’origine chimique. Utilisée pour la fabrication de matière plastique (résine acrylique).

Source : adaptation d’informations issues de « Matériaux écologiques d’intérieur », Jean-Claude Mengoni et Manu Mengoni.

Cette liste est loin d’être exhaustive. Aussi, n’hésitez pas à consulter les sites spécialisés renseignés ci-dessous ou encore les pages de la campagne « Les étiquettes sans prise de tête » sur www.ecoconso.be.

 

Et dans le futur,

 

vers 2050, lorsque le pétrole sera devenu rare et que, selon les prévisionnistes, nous serons 9 milliards d’humains qu’il faudra nourrir, il y a fort à parier que l’on reviendra massivement à la peinture à la chaux.

D’un point de vue environnemental, la chaux a quand même un inconvénient : il faut porter le calcaire (inépuisable) à 800-1000°C pour la produire!

Une alternative à la chaux : l’argile. Il est également inépuisable et il s’utilise directement sans besoin d’être chauffé.

Contrairement à la peinture à la chaux, la peinture à base d’argile est naturellement foncée et lisse. C’est une pâte qui peut se travailler dans son relief. Elle est hydro régulatrice, perméable, n’irrite pas la peau. C’est un bon isolant acoustique. Elle est tout à fait naturelle et ne nécessite pas d’adjuvants synthétiques.

 

La peinture à la chaux

 

Introduction

 

La chaux était abondamment utilisée autrefois comme liant dans les mortiers ou les peintures. La chaux n’est autre que du calcaire ou des coquillages broyés avant d’être porté à 800-1000°C dans des fours à chaux.

Le calcaire (CaCO3 = carbonate de calcium) sous l’action de la chaleur laisse s’échapper le gaz carbonique (= CO2)

On obtient de la chaux vive (CaO = oxyde de calcium)

CaCO3 à CaO + CO2

 

La chaux vive est principalement utilisée dans l’industrie et l’agriculture. Elle peut assécher voir détruire les matières organiques riches en eau. Les services de secours s’en servent pour faire disparaître les chairs humaines éparpillées lors de chocs extrêmes.

Au contact de l’eau, il se produit une forte réaction exothermique, un fort dégagement de chaleur, 400°C,  avec des projections, qui la rend dangereuse à manipuler. Elle n’est d’ailleurs plus en vente libre.

Mélangée à de l’eau, elle devient de la chaux éteinte, après minimum 3 mois : Ca(OH)2 = hydroxyde de calcium

CaO + H2O à Ca(OH)2 + 1155kj / kg CaO

 

La chaux éteinte ou hydratée se présente sous forme de poudre, voir de pâte onctueuse si la teneur en eau est plus élevée.

 

Selon que le calcaire mis en œuvre pour fabriquer la chaux contient ou ne contient pas d’argile, on parlera de 

- chaux aérienne :

à Lorsque l’on utilise cette chaux comme liant avec de l’eau (= solvant), on réalise une peinture qui aura la particularité de se lier en séchant au monoxyde de carbone (CO2) présent dans l’air et se « re-pétrifier » en calcaire.

La chaux dite « aérienne » se durcit au contact de l’air, c’est ce que l’on appelle le processus de carbonisation.

Ca(OH)2 + CO2 à CaCO3 + H2O

La chaux redevient du calcaire.

C’est ce type de chaux que l’on trouve le plus souvent dans le commerce.

 

- chaux grasse :

à Lorsqu’on utilise des calcaires impurs, contenant des résidus d’argiles (marne) riches en silice, et qu’on les chauffe à 800 – 1000°C ; on obtient, après extinction de la chaux vive avec de l’eau, une chaux maigre dite « hydraulique » qui aura la particularité de durcir au contact de l’eau.

Avant la découverte du ciment au XIX° siècle, la chaux était utilisée comme liant du mortier. Après la première guerre mondiale, l’utilisation du ciment se généralise. Il durcit plus vite et il est moins cher. La chaux utilisée comme liant du mortier garde des avantages : elle est plus élastique et très hydrorégulatrice. Elle laisse respirer les maçonneries, réduit l’humidité et évite ainsi la condensation de l’eau. Ce n’est pas le cas du ciment qui lui est étanche et friable)

En agriculture, elle est utilisée pour amender les sols trop acides.

 

La chaux est basique (alcaline) et neutralise les acides. Elle a un effet fongicide et bactéricide.

 

Coloration

 

Il est possible de colorer la peinture à la chaux avec des pigments synthétiques ou naturels d’origine végétale, animale (noir d’os carbonisé) ou minérale (ocre, ombre)

Si l’on utilise des pigments naturels, on sera limité dans les verts et les bleus.

Certains pigments synthétiques acides sont détruits par l’alcalinité de la chaux. Ils restent efficaces si on met en œuvre la peinture rapidement. Mélangés à la chaux et conservés dans un pot fermé, ils peuvent ainsi disparaître au bout de quelques semaines ! Vous aurez alors la surprise à l’ouverture de votre pot de vous retrouver avec une peinture à la chaux qui sera redevenue blanche.

Pour rappel, les trois couleurs primaires mélangées entre elles donnent naissance aux trois couleurs secondaires :

 

                                                                                  ROUGE

 

                                                                  Violet                        Orange

 

 

                                                           BLEU                                      JAUNE    

        

                                                                                      Vert

 

Il sera toujours possible d’éclaircir le résultat obtenu en rajoutant du blanc ou d’assombrir en rajoutant un pigment d’ombre tel que la terre de Sienne.

Dans tout les cas, il ne faut pas ajouter plus de 20% de pigments à la peinture.

Du fait que la peinture à la chaux est naturellement blanche au départ et de cette limitation à 20% de pigments ajoutés au maximum, nous n’obtiendrons jamais de couleurs très vives.

Enfin, en séchant, la peinture à la chaux s’éclaircit. La couleur obtenue lors du mélange des pigments ne sera pas identique au résultat final après séchage. 

 

Des additifs ?

 

La littérature mentionne de nombreux additifs possibles :

-          Du silicate de sodium, maximum 10%, pour favoriser la fixation + effet liant.

-          De l’huile de lin pour un effet plus satiné avec un maximum de 10%, autrement, il y a un risque de jaunissement sauf huile de lin décolorée. Huile de lin cuite sèche plus vite.

-          Du lait écrémé pour un apport en caséine (protéine du lait) dans le but d’obtenir une couche finale plus stable, très résistante à l’humidité et plus résistante mécaniquement. Un litre de lait ne contient que +/- 30/35 gr de caséine. On peut également utiliser du fromage blanc maigre (en ajoutant quelques gouttes d’essence de girofle pour éviter tous risques de moisissures)

-          De la colle à tapisser. Le mélange obtenu est plus onctueux et plus facile à appliquer mais le séchage est plus lent. Le résultat est plus uniforme et l’on obtient un meilleur durcissement.

-          Du Compaktuna ou un fixateur pour panneaux en Gyproc. Attention, ces liants (rétenteurs d’eau) vont également permettre à la peinture à la chaux d’être plus onctueuse avec un meilleur durcissement au séchage, mais, selon la dose employée, il va se former un film imperméable +/- important. Au final et haut de là d’une certaine dose, on obtiendra une peinture plus proche des peintures acryliques étanches. Sur un support humide, les peintures acryliques finissent par s’écailler et tomber.

-          De la craie (blanc d’Espagne, de Meudon, de Champagne) pour opacifier (= charge) et donner un peu de velouté. C’est typiquement le produit que l’on utilise pour opacifier les vitrines des magasins et qui s’enlève avec un simple coup d’éponge.

-          Du sel d’alun (alun de potasse) à raison de 5gr par litre d’eau. Il va permettre d’éviter le poudrage et de fixer les pigments. Le sel d’alun, aspect de gros sel, est un entraineur d’air qui améliore la consistance des mortiers de chaux et évite une dessiccation trop rapide. Le simple sel de cuisine, à raison de 50 à 100gr par litre d’eau aura un effet similaire.

 

Recette de base

 

Diluer 1 kilo de chaux aérienne (ou grasse) éteinte dans du lait écrémé pour un petit apport en caséine, la protéine du lait (dans lequel on aura préalablement dissout des éventuels colorants) jusqu'à obtenir la consistance voulue.

La caséine va permettre une meilleure accroche de la chaux sur le support.

 

A cela, on peut ajouter :

100 gr de sel de cuisine pour renforcer la résistance mécanique (on évite ainsi d’en avoir sur les mains ou les vêtements en cas de frottement à un mur chaulé)

50gr de Compaktuna (acétate de vinyle) pour améliorer l’adhérence, l’élasticité, l’onctuosité et le séchage

¼ de litre d’huile de lin de préférence décolorée pour un effet plus satiné

500 à 900 gr de craie pour opacifier et donner plus de velouté.

 

En réduisant la quantité de lait, on obtiendra un bel enduit crémeux et velouté.

 

Préparation du support

L'enduit à la chaux convient pour tous les supports minéraux granuleux (moins sur le bois, ni sur une ancienne peinture laque par exemple). À éviter sur le plâtre, car les sous-couches d'accroche nécessaires ne sont pas perméables à la vapeur d'eau.

Il faut d'abord brosser votre mur pour le nettoyer, puis l'humidifier à saturation la veille du chantier afin qu'il soit encore humide le lendemain.

De même, l’accroche se fait mieux sur un bois légèrement humide. La chaux après séchage ne risque pas de partir en poussière en cas de frottement.

Les murs peuvent être, au préalable, réparé avec n’importe quel enduit. Mais son aspect final mat et velouté ne nécessite pas un support impeccable.

La difficulté vient souvent du support qui n’est pas uniformément absorbant ou hermétique. La peinture séchera plus vite sur les supports les plus absorbants et le résultat final ne sera pas homogène.

Face à un support absorbant irrégulier composé de briques de différentes origines, de parties maçonnées,…on conseille de vaporiser toute la surface du mur à peindre avec de l’eau une heure avant l’application.

Face à un support hermétique présentant quelques surfaces absorbantes tels que des murs recouvert de peinture acrylique avec par exemple une saignée pour encastrer une conduite électrique rebouchée avec un ciment, il est conseillé d’appliquer au préalable plusieurs couches de peintures acryliques diluées sur ce ciment.

Pour les panneaux en carton plâtre (Gyproc), il faut appliquer au préalable plusieurs couches d’accroche et, si possible, une couche de peinture acrylique diluée.

Pour éviter que des tâches d’humidité, de suie ne ressortent du support, il faut appliquer au préalable une couche de primer isolant spécial à base d’eau.

 

Application

 

-          Travailler toujours à la brosse, jamais au rouleau.

-          Ne travaillez pas de surface trop clairement délimitées. Avec du latex ou de l’acrylique, vous couvrez généralement le mur case par case. Avec la peinture à la chaux, la zone de chevauchement entre les cases séchera plus vite et l’intensité de couleur sera différente à cet endroit.

-          Peigner, au contraire aussi irrégulièrement que possible en toile d’araignée. Appliquer quelques coups de brosse sur les futurs endroits à peindre et pensez tout en progressant à donner quelques autres coups sur les endroits déjà peint.

-          Effet nuages uniquement avec des couleurs claires en appliquant quelques traits supplémentaires avec une peinture diluée avec 10 ou 15% d’eau.

-          Effet rayures : peindre verticalement à la brosse sur des longueurs variables pour éviter des effets de chevauchement visibles. Si la pièce n’est pas trop haute, essayer de peindre la totalité de la hauteur de bas en haut et vice versa. Il est possible d’accentuer l’effet en appliquant une seconde couche diluée avec 10 à 15 % d’eau. Travailler toujours avec des mouvements verticaux et en tenant la brosse cette fois à la verticale dans son sens le plus étroit.

 

Dans certains cas, il vaut mieux protéger les surfaces peintes

 

Dans une salle de bains, au dessus d’un évier pour éviter les salissures de graisse, dans un escalier…

La solution consiste à appliquer un finich acrylique, une sorte de vernis (sealer) transparent spécialement prévu pour la protection des murs. Pour une peinture à la chaux naturellement matte, on choisira un sealer mat ou extra mat.

La surface deviendra ainsi complètement hermétique. Il n’y aura plus d’effet hydro régulateur, ce sera le prix à payer pour un plus grand confort d’entretien.

Mais dans ce cas, autant se simplifier la vie en optant dès le départ pour une peinture acrylique.

 

Avantages et inconvénients

 

-          la chaux appliquée sur un mur (= fine pellicule de roche) est perméable, laisse l’humidité de son support s’évaporer tout en offrant une protection suffisante contre la pluie.

-          On dit que la peinture à la chaux tout comme les enduits à l’argile sont hydro régulateur. Si vous dégager beaucoup de vapeur en cuisinant, la peinture à la chaux présente sur les murs va absorber ce surplus d’humidité et foncer. Si le support sur lequel la peinture à la chaux à été mis en œuvre est lui-même absorbant comme de la brique nue (le plâtre n’est pas hydrorégulateur), il va lui-même absorber le surplus d’humidité. Lorsque vous aurez aérer votre cuisine et que l’hydrométrie sera redescendue, la brique et la peinture vont relâcher l’humidité absorbée et la peinture à la chaux redeviendra toute blanche.

-          On peut si on le désire rendre la peinture à la chaux totalement imperméable comme les peintures acryliques en y ajoutant un certain pourcentage de Compaktuna.

-          La chaux est alcaline (pH basique), ce qui lui donne un pouvoir désinfectant mais elle peut s’avérer irritante pour la peau. Les personnes sensibles porteront des gants. Pour cet effet bactéricide et fongicide, de nombreux fermiers appliquent de la peinture à la chaux sur les murs de leurs étables.

-          La chaux ne contient aucun élément toxique pouvant nuire aux personnes qui la mettront en œuvre ou qui vivront dans des pièces ou les murs ont étés recouvert d’une peinture à la chaux.

-          Du fait de sa perméabilité, les agressions extérieures laisseront plus facilement des tâches et les anciennes traces d’humidité présente dans le support réapparaîtront plus facilement. Un mur partiellement humide recouvert d’une peinture acrylique va donner dans un premier temps un beau résultat uniforme avant de s’écailler. La peinture à la chaux va tenir sans problème sur les zones humides mais celles-ci vont ressortir sous formes de tâches plus foncées.

-          La peinture à la chaux résiste mal au frottement. Si vous vous frotter à un mur chaulé, vos vêtements vont devenir blanc. Mais on peut facilement palier à ce problème en la renforçant avec de la caséine.

-          La peinture à la chaux tout comme les enduits à l’argile (terre glaise) sont exclusivement mat.

-          Si l’on désire appliquer une peinture classique sur un support préalablement recouvert d’une peinture minérale à la chaux ou au silicate, il faudra, au préalable, appliquer une couche de fixateur (Primer d’isolation ou de fixation) Sinon, la chaux transparaîtra à travers la nouvelle couche.

 

Brunir le bois

 

Le brun peut se fabriquer à partir du brou de noix. Dans un noyer, tout est bon, les feuilles, l'écorce, la racine... donnent des couleurs variant du jaune ocré au fauve marron. Lorsque vous cueillez les noix, conservez précieusement les brous, ces petites peaux sombres qui s'en détachent naturellement. noix.jpg

 

Les feuilles et tout le brou contient de la juglone qui permet d'obtenir des tons fauves et brun par macération du brou et décoction des feuilles.

Il faut environ une macération de deux ans pour faire un bon brou de noix, pour accélérer le processus, il faut bouillir le brou dans une casserole pendant deux bonnes heures.

Matériel : Une casserole (vieille de préférence), un entonnoir, des filtres à café, un réchaud, un mixer, encrier (pot à bébé).

Recette : Versez les morceaux de brous dans une casserole avec un demi-litre d'eau de pluie. Faire réduire pendant une heure ou deux à feu très doux, pour obtenir la contenance d'un encrier, mixer au cours de la cuisson. Filtrez plusieurs fois sinon vous ne pourrez pas utiliser l'encre avec une plume ou un pinceau.

 

On peut l’acheter tout fait sous forme de bistre de noyer (acide humique) à diluer dans de l’eau chaude. Filtrer si nécessaire.

Appliquer directement comme simple coloration en diluant dans de l’eau selon la densité de noir désirée.

Le bistre de noyer dilué dans de l’eau peut servir à colorer une peinture à l’huile (lasure).

 

Traiter préventivement le bois brut contre les moisissures

 

Le borax Na2B4O7•10H2O (tétraborate de sodium) n’est que le minerai de bore réduit en sel ou paillettes. Il neutralise les odeurs et évite les moisissures. C’est un répulsif pour les insectes. Ils ne viendront pas pondre dans un bois traité au Borax.

Attention, c’est un produit irritant à manipuler avec précautions (gants,..) Dose létale à partir de 20gr !

AGLAIA commercialise une imprégnation aqueuse aux sels de bore prête à l’emploi hautement concentrée : il en faut 0,1 litre au m².

Pour traiter le bois de construction, compter environ 900gr de sel de bore pour 10 litres d'eau chaude. Appliquer généreusement.  Craignant le lavage par la pluie, après nettoyage appliquer une peinture, une lasure ou vernis pour fixer le sel de bore dans le bois de surface.

 

Fabriquer sa propre peinture à l’huile (lasure)

 

Depuis des siècles, l’huile de lin assure la protection des bois en intérieur et en extérieur.

Rien de plus simple, mélanger 2/3 (0,66 litre) d’huile de lin (liant) avec 1/3 (0,33 litre) d’essence de térébenthine (= solvant qui va permettre de pénétrer en profondeur (= huile d’imprégnation) dans le bois et accélérer le séchage)

Les couches subséquentes peuvent être appliquées avec une huile de lin plus concentrée.

Par exemple 0,9 litre d’huile de lin pour 0,1 litre d’essence de térébenthine ou pure mais le séchage, sans adjonction d’un siccatif, prendra plusieurs jours.

Il faut par contre appliquer des couches très minces et s’empresser d’essuyer l’excédent après 15 à 20 minutes. Toute trace d’huile superficielle deviendra collante. Afin d’obtenir une bonne protection, il faudra appliquer 2 à 3 couches d’huile. Pour réaliser une belle finition douce et soyeuse, il est recommandé de passer un léger papier sablé de grain très fin (600) ou même une laine d’acier 000000.

 

L’huile de lin convient particulièrement bien car elle est naturellement siccative, elle sèche par évaporation, s’oxyde au contact de l’air et durcit.

 

L’huile de lin et la térébenthine vont imprégner le bois et le laisser respirer tout en le rendant hydrofuge.

Elle devient légèrement satinée après quelques couches.

Ne forme pas de pellicule à la surface du bois.

Rend la surface imperméable tout en laissant respirer le bois.

Résiste à l’eau, à l’abrasion et à l’alcool.

Très durable et facile d’entretien.

Odeur herbacée fraîche. Couleur doré clair à ambré foncé.

Fonce légèrement le bois avec le temps pour créer une patine ambrée.

 

La térébenthine est obtenue par distillation du bois de pin. Elle est inflammable et irritante pour la peau et les voies respiratoires. L’ingérer est très déconseillé. Choisir une térébenthine de bonne qualité qui ne dégage pas d’odeurs.

 

On peut ensuite ajouter des pigments aux choix et 5 %  maximum de siccatif pour accélérer le séchage.

Pour réduire la quantité de pigments, on peut ajouter la même proportion de craie (blanc de Meudon)

Les siccatifs sont issus de sels métalliques (anciennement du plomb mais cela posais d’énorme problème de pollution) Ils s'ajoutent à la couleur pour en accélérer le séchage en activant la réaction de l'oxydation de l'huile, entraînant ainsi sa polymérisation et son durcissement.

 

Utiliser l’huile de lin c’est redécouvrir les vieilles techniques artisanales de finition du bois. Cette finition est à la fois très résistante et économique.

 

Pour un effet glacis à l’huile, on inverse les proportions : 2/3 de térébenthine pour 1/3 d’huile de lin + pigments + siccatif.

Il donnera un beau ton satiné sur support en bois ou un mur clair.

Appliquer à la brosse en travaillant dans tout les sens en terminant par des grand huit.

 

Fabriquer son propre vernis

 

On dilue 200 gr de gomme laque (liant) en paillette dans 1 litre d’alcool dénaturé, aussi appeler alcool à brûler (solvant) en mélangeant. Verser dans un récipient munis d’un couvercle étanche. Après 12 à 24h en agitant de temps en temps, les paillettes devraient être entièrement dissoutes. Le vernis est prêt à l’emploi. On obtient ainsi un fin film protecteur solide et incolore à utiliser à l’intérieur. A l’extérieur, les vernis finissent tous par s’écailler.

On peut ensuite ajouter des pigments aux choix et 5 % maximum de siccatif pour accélérer le séchage.

Les pinceaux se nettoient avec de l’alcool.

 

La gomme laque, d’origine animale, provient de la sécrétion d’un insecte de la famille des cochenilles « laccifer laca » qui produit une substance mucilagineuse. Cette résine est récoltée sur les arbres et arbustes en Indes (95% de la production mondiale), en Indochine et en Birmanie. La résine obtenue est de couleur jaune/rouge-ambrée, généralement fournie sous la forme de paillettes que l'on dissout dans de l'alcool à 95°.

La gomme-laque était autrefois utilisée comme plastique naturel afin de confectionner divers objets.

 

Une peinture suédoise pour une protection maximale du bois

 

Cette peinture traditionnelle scandinave matte est imputrescible et très résistante même aux UV.

Pour 1 litre de peinture :

Délayer 70gr de farine dans 100gr d’eau.

Porter à ébullition cette sauce blanche allongée avec 70cl d’eau.

Pigmenter avec 200gr d’ocre au choix.

Ajouter 20gr de sulfate de fer si cette peinture est destinée à l’extérieur.

Chauffer la préparation 15’

Ajouter 10cl d’huile de lin de préférence cuite pour une meilleure siccativité (séchage) Si votre huile de lin est crue, la maintenir à 120°C pendant 3 heures dans une casserole posée sur une plaque électrique.

Cuire à nouveau 15’

Ajouter 1cl de savon noir pour favoriser l’émulsion de la peinture.

Une fois refroidie, la peinture est prête. Rectifier la consistance au besoin avec de l’eau.

Pour du bois neuf, appliquer une première couche diluée avec 10 à 20% d’eau. Laisser sécher 24h avant d’appliquer une seconde couche, non diluée, pour la finition.    

 

Fabriquer sa propre peinture à l’eau

 

Fondre de la gomme arabique (liant) dans de l’eau (solvant) en mélangeant avec un peu de la colle à tapisser (facultatif) et laisser reposer plusieurs heures. Si on est pressé, on peut fondre la gomme arabique plus rapidement dans de l’eau chaude.

On peut ensuite ajouter des charges (blanc d’Espagne), des pigments aux choix, du borax (2 à 3%) pour éviter les moisissures et 5 % maximum de siccatif pour accélérer le séchage.

 

La gomme arabique est obtenue en récoltant l’excroissance (naturelle ou provoquée par incision) de sève sirupeuse d’arbres du type acacia en Afrique. Elle est massivement utilisée pour le collage des étiquettes et enveloppes ainsi que dans l’alimentation pour ces vertus épaississantes (E 414)

En peinture artistique, la gomme arabique est un constituant à la fabrication du pastel sec, de l'aquarelle et de la gouache.

 

Des recettes de peinture à la caséine

 

Elle convient idéalement aux supports eux-mêmes durs, solides, présentant un peu ou beaucoup de porosité tel que le plâtre ou surtout le bois car elle est inattaquable par les vers. Pure ou mélangée à la chaux (= beaucoup plus économique), elle laisse respirer des supports tels que les vieux murs, qui en ont besoin. Au touché, elle a une douceur inégalable.

Sa dureté en fait en même temps un produit fragile, cassant (-> craquelures, cassures). Il faut à tout prix éviter de l'employer sur des supports souples SAUF adjonction de glycérine ou autre agent assouplissant. Cette adjonction est à conseiller de toute manière, mais seulement en petite quantité si le support ne pose pas de problème précis et si l'environnement est non acide.

 

Mélanger 120 ml de d’huile de lin à 1000gr de fromage blanc maigre, 100gr de chaux et d’éventuels colorants.

Diluer 900gr de craie (blanc de Meudon) dans de l’eau pour obtenir une bouillie épaisse.

Laisser reposer les deux préparations une heure avant de les mélanger soigneusement.

Appliquer directement, cette peinture ne se conserve pas et est sensible aux moisissures.

On peut remédier à cela en ajoutant à ce mélange 25gr de borax.

Le borax  n’est que le minerai de bore réduit en sel ou paillettes. Il neutralise les odeurs et évite les moisissures. Attention, c’est un produit irritant à manipuler avec précaution.

L’huile de lin, qui a tendance à jaunir, pourra être remplacée par de l’huile de carthame plus neutre surtout en cas de teintes claires.

La peinture paraît légèrement transparente à l’application et s’opacifie en séchant.

Toujours attendre le séchage complet avant d’appliquer une nouvelle couche.

Les meubles peuvent recevoir au final une couche de cire protectrice.


Si vous disposez de caséine pure, vous pouvez en diluer 200gr directement dans 800 ml d’eau chaude et un peu d’ammoniaque (50 ml) pour aider la caséine à se solubiliser dans de l’eau. Ajouter un peu de glycérine (50 à 100ml) pour rendre cette peinture moins cassante après séchage et 25gr de borax pour une meilleure conservation et résistance aux moisissures.

On peut ensuite ajouter des pigments aux choix et 5 % maximum de siccatif pour accélérer le séchage.

Laissez reposer une heure dans un endroit aéré avant l’application et faites votre préparation dans un récipient en plastic.

 

Peinture d’argile, recette de Grand-mère

 

Récolter l'argile sur les bords d'une rivière ou d'un étang. Mettre la terre argileuse dans un seau et ajouter un peu d'eau. Brasser puis tamiser de manière à séparer la terre des brindilles, racines, cailloux, ... Laisser décanter une nuit ...

Le lendemain, écoper l'eau qui se trouve en surface. Garder la boue épaisse, elle servira de base à la préparation de la peinture.

Pour 1 dose de boue d'argile ou de l’argile blanche en poudre diluée dans un peu d’eau :

- 4/8 de colle de farine pour assurer une bonne adhérence au support.

- 2/8 du blanc de Meudon ou d’Espagne = craie en poudre pour renforcer le pouvoir couvrant de la préparation.

- 1/8 d'huile de lin pour donner une certaine souplesse au mélange.

- 1/8 de vinaigre d'alcool blanc pour un effet anti-bactérien. (ou 2 à 3% de Borax)

Mélanger le tout. Corriger la consistance avec de l’eau. Colorer la peinture avec des pigments naturels (max 5%)

Cette peinture matte très respirante s’applique aussi bien sur des supports en bois, briques, enduits de terre, plâtre, peintures anciennes lessivées et poncées.

 

Colle de farine  (colle ancienne, encore utilisée aujourd'hui par les restaurateurs d'antiquités).

 

Dans une casserole, mélanger 2 cuillères à soupe de farine de blé et 1 cuillère à café de sucre. Le sucre a un effet retardateur de prise. Faire chauffer à feu doux en ajoutant un peu d'eau, mélanger au fouet pour éviter les grumeaux, délayer avec 2 à 3 verres d'eau, en mélangeant toujours.

La consistance doit être celle d'une sauce béchamel. Si la colle est trop épaisse ne pas hésiter à la diluer encore.

 

Une colle à papier peint à base de farine

 

On utilise ici l’amidon de la farine. Il est possible de réaliser des colles en recueillant le jus de cuisson de pommes de terre ou de riz, riche également en amidon.

 

Faire bouillir 6 à 7dl d’eau. Verser 250gr de farine blanche petit à petit en mélangeant avec un fouet.

Laisser la colle épaissir pendant 5’.

Rectifier au besoin en ajoutant un peu d’eau. La consistance ne doit pas être ni trop épaisse ni trop liquide.

Si l’on veut rendre cette colle imputrescible et insecticide, on peut ajouter 1dl d’essence de térébenthine, ce qui va également accélérer le temps de séchage.

A l’inverse, 1 c. à s. de sucre retardera la prise de la colle.  

Encoller généreusement le mur et le dos du papier peint et passer une éponge humide pour éliminer le surplus de colle.

Cette colle ne convient pas aux papiers de type vinyliques.

 

Une colle multi usages à la caséine

 

Des charpentes datant du moyen-âge tiennent encore aujourd’hui avec cette colle de fromage.

La prise de conscience de la pollution des habitats liés, notamment, aux émanations des solvants utilisés dans les colles modernes, a remis au goût du jour cette colle à base de caséine. Idéale pour coller le liège, le linoléum,…

 

Mettre égoutter pendant 12h 1kg de fromage blanc maigre dans une étamine nouée au moyen d’une ficelle et suspendue au dessus d’un évier ou d’un sceau.

Peser le fromage égoutté, ajouter un quart de son poids en chaux aérienne et 10gr de Borax préalablement dilué dans un peu d’eau. Mélanger pendant une minute minimum.

Appliquer au pinceau dans les 6 heures en encollant les 2 surfaces qui doivent être bien propres et dégraissées.

Essuyer les bavures avec une éponge humide et laver les outils à l’eau.

Attention, pour que cette colle soit efficace, il faut que le fromage blanc soit bien égoutté.

 

Si vous disposez de caséine pure, vous pouvez en diluer 100gr directement dans 150ml d’eau chaude et un peu d’ammoniaque (30ml) pour aider la caséine à se solubiliser dans de l’eau.

Bien mélanger. Allonger avec de l’eau selon la consistance désirée.

On peut y ajouter un peu de glycérine (10ml) pour rendre cette colle moins cassante après séchage et 10gr de borax pour une meilleure conservation et résistance aux moisissures.

 

La patine sur bois (effet de vieillissement)

 

Il est primordial d’avoir un bois propre et exempt de toutes traces de cire, de vernis ou de peinture pour appliquer la patine.

 

> ETAPE 1

 

Pour le bois ciré

 

- dissoudre de la Solarine (ou lessive St Marc) dans de l'eau tiède (une unité de Solarine pour huit d'eau)

- badigeonner le meuble avec la solution à l'aide d'un pinceau (faire mousser un peu)

- laisser agir sans laisser sècher

- frotter le bois dans le sens de sa fibre avec une éponge humide

- rincer à l'eau claire

- éponger l’eau au maximum

- laisser sécher (pas en plein soleil)

 

Pour le bois vernis

- supprimer toutes traces de vernis, plusieurs possibilités :

- à sec en le grattant avec une brosse métallique d'ébéniste, une spatule ou tout autre objet (attention aux rayures)

- avec un produit décapant

- avec une solution de Solarine et d'eau

- au décapeur thermique (attention aux brulures)

- à la lessive de soude (cristaux de soude dilués = sans danger)

- à la soude caustique (caligène) (attention aux déformations et aux éclaboussures  très irritantes)

- à l’acétone (attention aux voies respiratoires)

- à la ponceuse

- à l'ammoniaque

 

Les vernis les plus anciens, craquelés avec le temps, seront grattés avec une brosse métallique, une spatule, un tournevis, un outil vendu en magasin de bricolage. Le travail sera fastidieux mais le résultat sera impeccable.

- gratter toujours le bois dans le sens de la fibre,

- faire attention de ne pas glisser avec l’outil car les griffes seront difficile à masquer,

- terminer par frotter le bois avec une brosse en laiton (rayon ébénisterie en magasin de bricolage) toujours dans le sens de la fibre du bois. Cette brosse va extraire le bois tendre des fibres plus dures, ce qui aura pour effet de renforcer le visuel de la fibre, ce sera très utile pour renforcer l'effet de patine sur meuble.

Bien dépoussiérer l’objet avant de commencer la patine.

 

Le décapeur thermique est une technique pour décaper le vernis. Attention toutefois à ne pas brûler le bois, bien qu’il sera peint (le bois brûlé fragilise la structure générale du meuble, ne pas en abuser). L’utilisation du décapeur thermique exige d’être à l’extérieur ou au moins dans une pièce très bien aérée (le vernis chaud ou brûlé dégage de la fumée toxique, des fortes odeurs et des risques de projection très chaude au sol (ou sur les vêtements). Il s’agit de ramollir le vernis avec le décapeur et le gratter à la spatule tant qu’il est chaud. Attention, c’est très chaud, ne vous mettez pas en danger et lisez le mode d’emploi de votre appareil. Ne régler pas la chaleur au maximum, préférez travailler par étape, en commençant avec une température basse et en voyant comment se comporte le vernis, vous adapterez la chaleur de l’appareil par la suite. Décaper l’entièreté du vernis avant d’utiliser la brosse en laiton (comme expliqué ci-dessus).

 

Il est parfois nécessaire de recourir à l’ammoniaque qui est la dernière solution avant le ponçage. Attention aux voies respiratoires, porter un masque et ne pas rester juste au dessus du produit lors de l’application (lisez la notice). Frotter avec un chiffon doux.

 

Si rien n’y fait, poncer à la ponceuse électrique ou au papier de verre. Gardez à l'esprit que vous êtes en train de retirer le vernis (ou la peinture), il ne s'agit pas de trop poncer le bois et donc de déformer sa forme, ses angles et détruire le dessin du bois. 

 

Le bois peint

La veille peinture qui se craquelle peut s’enlever assez facilement avec de "l’huile de bras" et un outil (spatule, brosse, papier à poncer, laine d’acier…). La peinture se retire moins bien que le vieux vernis.

 

La vieille peinture se décape assez facilement au décapeur thermique. Si elle est très synthétique ou très grasse, c’est la méthode la plus adaptée car le décapant liquide aura du mal à trouver une accroche (il faut poncer légèrement d’abord). Pour les peintures à l’eau, il sera préférable de poncer tout de suite car le décapeur thermique aura peu d’effet sur la peinture.

 

La méthode humide est la plus délicate à mettre en œuvre car les produits du commerce, généralement à base de soude caustique, sont très mordants, dangereux à manipuler et exige d’être à l’extérieur. Préférez de loin le décapant Beeck aussi efficace, vendu dans les magasins commercialisant les peintures naturelles. L’étiquette mentionne « Aucune classe de danger connue selon la CEE »

 

Un gel décapant sans danger :

Délayer 150 gr de farine blanche dans un peu d’eau chaude et ajouter petit à petit de l’eau jusqu’à obtention d’un gel de farine épais.

Diluer 200gr de cristaux de soude dans un peu d’eau chaude et l’ajouter au gel de farine.

Appliquer ce gel sur l’ensemble du meuble à décaper et laisser agir 30 minutes.

Rincer à grandes eaux et frotter avec une brosse à chiendent.

Attention, les cristaux de soude ont tendance à faire noircir le chêne et le noisetier.

 

 

Pour patiner du mélaminé, appliquer une sous-couche d’accroche (primer universel à l'eau) adaptée, vendue en magasin de bricolage. Le meuble pourra être patiné mais n'offrira pas autant de possibilité que le vrai bois. 

 

Si le bois n’a pas encore été traité ou n’a été recouvert que d’une simple huile d’imprégnation, passez directement à l’étape N°2 

 

> ETAPE 2

 

Une fois le bois préparé, le nettoyer avec de la lessive St Marc ou à la Solarine et de l’eau tiède, ce qui ouvre la fibre du bois.

 

 

Eponger et laisser sécher (jamais en plein soleil). Ne mouiller pas trop car vous risqueriez de déformer le bois.

 

Le bois sec doit être poncé légèrement et brossé avec une brosse en laiton (qui dégage la fibre du bois) et assure une bonne accroche de la patine.

 

Les bois de fruités ont des fibres plus compactes et la patine sera plus difficile à appliquer (la richesse de la fibre du bois est inexistant car le bois est très compact).

 

Les bois foncé donnent de très bons résultats.

 

> ETAPE 3

 

Appliquer plusieurs couches légères de la plus claire à la plus foncée ou l’inverse. Sécher au sèche cheveux pour gagner du temps. Cela doit être sec au touché et poncer légèrement au papier de verre avant d’appliquer la couche suivante.

 

On peut soit travailler avec du latex mural blanc mat ou de la peinture à la chaux que l’on colore

soit avec des pigments et un peu de  liant (Kompktuna ou Caparol)

ou une peinture acrylique colorée matte (testeur)

et que l’on dilue avec un peu d’eau pour avoir une consistance de pâte à crêpe.

 

Après la dernière couche, poncer légèrement les arrêtes du meuble.

 

Les poussières de chaux étant très irritantes pour les voies respiratoires, il est recommandé lors du ponçage de porter un masque.

La peinture à la chaux adhèrera mieux sur un support en bois préalablement humidifié.

 

> ETAPE 4

 

Appliquer une cire transparente avec des mèches en coton.

 

L’effet marbré

 

Lors de l’étape 3, on applique une couche épaisse au platoir de peinture à la chaux colorée préalablement opacifiée avec de la poudre de marbre.

Pour que le travail réussisse, il faut que le résultat soit imparfait.

Poncer légèrement à la laine d’acier N° 2

Appliquer au platoir une deuxième couche un peu plus liquide et colorée avec les mêmes pigments mais moins intensément.

Cette dernière va se loger dans les creux laissé par la première couche.

Poncer de nouveau légèrement avec de la laine d’acier N° 2.

Appliquer une cire grise avec des cotons.

 

 

 

 

 

 

 

 

A lire et à voir : « La magie de la chaux » de Willem Fouquaert aux Editions Racine.

                            «  Peindre et décorer au naturel » de Nathalie Boisseau

Voir les sites : http://www.dotapea.com/chaux.htm

 

                         http://www.eddypierret.com

 

                         http://www.terrevivante.org

 

                         http://www.atelier10doigts.be  qui organise d’excellents stages de patine sur (le) meuble (que vous apportez)

 

                         http://www.le-lion.be     la Grande Droguerie du Lion, rue de Laeken, 55 à Bruxelles